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Des millions d’animaux d’élevage terrassés par la chaleur, les agriculteurs demandent des comptes

Les températures extrêmes de la canicule ont décimé des élevages entiers en France. Face à des pertes colossales, les éleveurs réclament la reconnaissance…

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Des millions d'animaux d'élevage terrassés par la chaleur, les agriculteurs demandent des comptes

Les températures extrêmes de la canicule ont décimé des élevages entiers en France. Face à des pertes colossales, les éleveurs réclament la reconnaissance de l’état de calamité agricole.

Les fortes chaleurs n’ont pas seulement mis les humains à rude épreuve. Dans les fermes, des millions de bêtes ont succombé. Les filières avicole et porcine sont les plus touchées, mais l’élevage laitier souffre aussi lourdement. Les vaches laitières, accablées par la canicule, produisent nettement moins de lait. Pour les volailles, le bilan est terrible. Selon le ministère de l’Agriculture, plus de 6 600 tonnes de volailles sont mortes depuis le début de l’épisode caniculaire. Dans certains bâtiments, où peuvent s’entasser plus de 10 000 poulets, les animaux meurent asphyxiés faute d’air. Un éleveur de la Sarthe a ainsi perdu 13 000 poulets en un seul épisode.

Les bergers ne sont pas épargnés non plus. Dans la Manche, Yannick Frain raconte son troupeau de 700 bêtes durement frappé. Sept brebis, un bélier et quatre agneaux sont morts. Les survivants ont pu se réfugier dans la bergerie, mais ils restent épuisés. Le berger leur donne de la luzerne pour les requinquer, car ils sont encore somnolents. Au-delà des pertes directes, c’est tout l’équilibre des élevages qui vacille. Les organismes des animaux sont affaiblis, la production chute et les charges, elles, ne diminuent pas.

Alors qu’une nouvelle vague de chaleur est annoncée pour la mi-juillet, les éleveurs demandent une reconnaissance immédiate de l’état de calamité agricole. Ce statut permettrait d’indemniser les pertes liées à des événements météorologiques imprévisibles contre lesquels ils ne pouvaient pas protéger leurs bêtes. Pour les agriculteurs, l’urgence est double. Il faut à la fois faire face aux conséquences de la canicule passée et se préparer à celles à venir. Sans aide de l’État, beaucoup d’exploitations risquent de ne pas s’en relever.

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