Économie
Dauphins et pêche dans le golfe de Gascogne, la recherche d’un équilibre


Alors que la fermeture hivernale de la pêche est reconduite pour la troisième année, une étude scientifique explore des pistes pour concilier la protection des cétacés et la viabilité de la filière.
Un rapport scientifique, publié mardi, examine des approches alternatives à la fermeture temporaire des pêcheries dans le golfe de Gascogne. Cette mesure, en vigueur de fin janvier à fin février, vise à limiter les prises accidentelles de dauphins. Les chercheurs du projet Delmoges, piloté par plusieurs institutions dont l’Ifremer, estiment que l’interdiction, bien qu’efficace à court terme, présente un coût socio-économique significatif et mérite d’être complétée par d’autres options.
L’enquête, menée depuis 2022 auprès des professionnels de la pêche, d’ONG et de scientifiques, a pour objectif de trouver un point d’équilibre entre la préservation de la biodiversité marine et la pérennité des activités économiques. Les auteurs du document soulignent qu’aucune solution unique ne se dégage actuellement comme étant pleinement satisfaisante. Ils appellent à poursuivre les discussions sur des combinaisons de mesures ou des actions plus ciblées.
Parmi les propositions étudiées figurent l’équipement des navires avec des dispositifs acoustiques répulsifs, la modification des engins de pêche, par exemple en privilégiant la ligne plutôt que le filet, ou encore l’installation de caméras de surveillance. Cependant, ces différentes pistes n’ont jusqu’à présent recueilli ni l’adhésion unanime des pêcheurs, ni celle des associations de défense de l’environnement.
Les scientifiques pointent du doigt l’influence du changement climatique dans cette problématique. Le réchauffement des eaux concentrerait en effet les proies des dauphins, comme les anchois et les sardines, près des côtes. Ce déplacement attirerait les cétacés dans les zones de pêche hivernales, augmentant ainsi les risques de captures accidentelles. Les animaux, généralement en bonne santé au moment de leur mort, seraient pris alors qu’ils chassent activement.
Le rapport a permis, grâce à une analyse croisée des données sur les cétacés, leurs proies et les captures observées, d’établir une cartographie fine des secteurs à haut risque. Cette modélisation pourrait ouvrir la voie à des mesures de gestion plus adaptées spatialement. Selon les premières observations, la fermeture temporaire aurait permis de réduire d’environ soixante pour cent les captures accidentelles lors de l’hiver dernier par rapport aux années antérieures. Pour autant, les professionnels estiment que l’impact réel de cette mesure nécessite une évaluation plus approfondie et que des solutions opérationnelles durables restent à définir.





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