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Au cœur de l’enfer syrien, le témoignage des femmes du clan Clain

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Le procès de trois Françaises revenues de Syrie a offert un éclairage saisissant sur le climat de suspicion et de terreur qui régnait au sein de leur famille et de l’organisation État islamique. Leurs déclarations ont dépeint un système fondé sur la peur et le silence.

Devant la cour d’assises spéciale de Paris, Jennyfer Clain et Mayalen Duhart, respectivement âgées de 34 et 42 ans, ont décrit le fonctionnement paranoïaque qui caractérisait leur entourage en Syrie. Converties et radicalisées en France avant de rejoindre la zone contrôlée par l’EI en 2014 avec leurs époux, les deux femmes comparaissent aux côtés de leur belle-mère, Christine Allain, pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.

Les accusées ont affirmé avoir été tenues à l’écart des activités de l’organisation jihadiste. Jennyfer Clain a expliqué que la présence d’armes dans son foyer était liée à la formation militaire de son mari, Kevin Gonot. De son côté, Mayalen Duhart a décrit son conjoint, Thomas Collange, comme un homme obsédé par le secret, qui ne lui confiait rien de ses missions et avec qui les échanges s’étaient considérablement réduits.

Le récit a mis en lumière l’influence du noyau familial Clain, dont deux membres, Jean-Michel et Fabien Clain, étaient des figures de la propagande de l’EI. L’atmosphère qui y régnait était décrite comme sectaire et brutale, étouffant toute velléité de contradiction. Fabien Clain aurait ainsi fait emprisonner un de ses beaux-frères par simple suspicion de déloyauté. L’endoctrinement s’étendait même aux enfants, auxquels étaient montrées, sans autre forme d’explication, des images violentes de décapitations.

L’une des accusées a rapporté une conversation avec son mari après les attentats du 13 novembre 2015. Lorsqu’elle exprima son incompréhension face à la mort de civils français, celui-ci lui aurait intimé l’ordre de se taire, la menaçant explicitement de représailles mortelles si elle persistait à réfléchir par elle-même.

Pourtant, toutes deux ont reconnu n’avoir, sur le moment, jamais remis en cause les exactions commises par l’EI. La vision d’un voisin syrien flagellé pour avoir fumé une cigarette fut acceptée comme une norme dans le cadre du jihad. La peur de la dénonciation était omniprésente, rendant impossible toute discussion sur un éventuel départ. Selon Jennyfer Clain, exprimer un désaccord équivalait à risquer l’emprisonnement, la torture ou la mort.

Le déclic serait survenu en 2017, après le témoignage de Thomas Barnouin, un proche des frères Clain torturé par l’EI. Cet épisode aurait ouvert les yeux des deux femmes sur la véritable nature de l’organisation, qu’elles ont finalement fuie, marquant le début d’une prise de distance avec leur passé jihadiste.

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