Économie
Lufthansa restructure sa flotte face à la pression économique

Le premier transporteur aérien allemand annonce une réduction significative de ses capacités de vol. Cette décision, motivée par la flambée des coûts du carburant et un contexte social tendu, conduit notamment à l’arrêt immédiat de sa filiale régionale.
Le groupe Lufthansa procède à un ajustement majeur de son programme de vols. Cette restructuration implique la cessation d’activité de sa filiale CityLine, effective dès ce week-end. Cette compagnie régionale assurait des liaisons au départ de Francfort et Munich. La direction justifie cette mesure par la nécessité de faire face à une augmentation drastique des dépenses de carburant et aux conséquences financières des conflits sociaux récurrents.
Les prix du kérosène ont atteint un niveau particulièrement élevé, dépassant le double de leur valeur avant le conflit en Iran. Bien que le groupe ait sécurisé une grande partie de ses approvisionnements, la fraction achetée au prix du marché pèse lourdement sur ses comptes. La réduction des capacités doit permettre de diminuer cette part de consommation de près de dix pour cent.
Parallèlement, l’entreprise souligne l’impact économique des mouvements de grève qui ont perturbé ses opérations depuis le début de l’année. La fermeture anticipée de CityLine, qualifiée d’étape difficile par la direction financière, concerne vingt-sept appareils. Ces avions régionaux, parmi les plus anciens de la flotte, présentent des coûts d’exploitation élevés. Le groupe indique vouloir reclasser les salariés affectés au sein de ses autres entités.
La rationalisation touche également les vols moyen et long-courriers. Cinq avions seront retirés du réseau court et moyen-courrier de la marque Lufthansa d’ici l’hiver prochain. Six gros-porteurs, des Airbus A340 et des Boeing 747 réputés pour leur forte consommation, quitteront la flotte long-courrier à la fin de l’été. Dans le même temps, neuf appareils supplémentaires seront alloués à Discover Airlines, une autre filiale du groupe.
Le syndicat des pilotes Vereinigung Cockpit a vivement réagi à cette annonce, la jugeant précipitée et manquant de considération pour le personnel. Son président estime que les raisons géopolitiques avancées ne sont pas pleinement convaincantes et soupçonne un lien avec les négociations salariales en cours. Des experts du secteur considèrent toutefois la décision comme compréhensible dans le contexte économique actuel, notant que les avions concernés étaient déjà voués à un retrait progressif.
Ces mesures s’accompagnent d’un renforcement du plan d’économies sur les coûts administratifs, incluant une limitation des recrutements et des prestations externes. Elles s’inscrivent dans une stratégie globale visant à réduire de quatre mille le nombre de postes administratifs d’ici 2030. L’ensemble de ces annonces intervient alors que le secteur aérien européen navigue dans un environnement particulièrement volatile, plusieurs compagnies adaptant également leurs offres face à la pression sur les coûts.

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