Monde
Vivre sous la menace, l’existence suspendue des villages frontaliers du Cachemire
_**Dans les contreforts montagneux qui séparent l’Inde et le Pakistan, les habitants pansent les plaies d’un récent conflit. Entre abris de fortune et souvenirs douloureux, leur quotidien reste rythmé par l’angoisse d’une reprise des hostilités.**_
Le paysage paisible des collines boisées autour de Kasaliyan dissimule une réalité plus âpre. Sur les toits de certaines maisons, des structures de béton armé aux murs épais ont fait leur apparition. Mohammad Rashid a renoncé à agrandir son logement pour consacrer ses économies à la construction d’un de ces abris. L’an dernier, des tirs d’artillerie venus du Pakistan sont tombés sur ce village indien, situé à quelques centaines de mètres seulement de la ligne de contrôle. Cet épisode violent, le plus intense depuis deux décennies selon les observateurs, a profondément marqué les esprits.
Si un bunker communal existe, sa capacité limitée ne peut accueillir qu’une infime partie de la population locale. Face à cette insuffisance, plusieurs familles ont donc entrepris de bâtir leurs propres refuges. Cette initiative individuelle traduit un sentiment d’abandon et une défiance à l’égard des protections collectives. Un responsable local des forces de sécurité, souhaitant garder l’anonymat, reconnaît que la soudaineté des événements a pris tout le monde de court dans ce district de Poonch.
Les stigmates du conflit ne sont pas seulement matériels. Pour Rameez Khan et son épouse Urusa, la fuite précipitée vers un village réputé plus sûr a tourné au drame. Leurs deux enfants, des jumeaux de douze ans, ont perdu la vie sous le feu. La mère, submergée par l’émotion, évoque le choc et l’absence de consignes claires en cas d’attaque. Son mari, grièvement blessé, n’a pu assister à l’inhumation des adolescents dans le jardin familial.
D’autres récits témoignent de séquelles durables. Jagdish Kaur a perdu un fils et une partie de son audition. Aujourd’hui, tout bruit strident la plonge dans une anxiété profonde. Mohammad Aslam, dont la maison a été endommagée par un obus, a reçu une compensation financière des autorités. Il préfère toutefois conserver cette somme, jugée insuffisante pour des réparations complètes, en prévision d’éventuels nouveaux combats. Cette prudence est largement partagée.
L’histoire tumultueuse de la région, disputée par les deux nations depuis 1947, explique cette vigilance permanente. Les derniers affrontements ont ravivé des craintes que beaucoup pensaient apaisées. Les déclarations officielles évoquant une simple suspension des opérations militaires, et non leur fin définitive, entretiennent un climat d’incertitude. Comme l’exprime un commerçant du village, la menace plane à la manière d’un raz-de-marée toujours possible pour les populations côtières. La vie continue, mais à l’ombre des bunkers et dans l’attente d’une paix qui semble, une fois encore, se dérober.
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20 avril 2026 at 9 h 38 min
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