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Économie

Un trafic de pesticides illégaux ébranle le secteur maraîcher

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Le parquet de Marseille a requis des peines d’emprisonnement fermes contre un fournisseur et un important producteur, mis en cause dans un vaste réseau d’importation et d’utilisation de produits phytosanitaires non autorisés.

Des réquisitions sévères ont été prononcées ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Marseille. Le ministère public demande l’incarcération d’un intermédiaire et d’un grand exploitant agricole, jugés pour avoir organisé un système d’approvisionnement en substances interdites. Ces produits, dépourvus d’autorisation de mise sur le marché en France, provenaient d’Espagne et ont été employés sur des cultures destinées à la grande distribution.

L’intermédiaire, âgé de 78 ans, est présenté par l’accusation comme la pièce maîtresse de ce trafic. Le procureur a sollicité à son encontre dix mois de prison ferme, une amende de 65 000 euros et l’interdiction d’exercer toute activité liée à l’agriculture. Son principal client, un maraîcher de 58 ans dont les entreprises exploitent près de 2 000 hectares dans les Bouches-du-Rhône, est également visé par une demande de six mois de prison ferme et 40 000 euros d’amende. Ses productions, notamment des salades, approvisionnaient plusieurs enseignes nationales de la distribution et des marques agroalimentaires bien connues.

Au total, sept personnes sont poursuivies pour des faits s’étalant de 2018 à 2024. Le parquet a souligné la gravité des manquements, mettant en avant les risques pour la santé publique et l’environnement. Le mépris des réglementations en vigueur équivaut, selon l’accusation, à un mépris du consommateur. Les peines requises contre les cinq autres agriculteurs, considérés comme moins impliqués, vont du sursis avec mise à l’épreuve à des amendes substantielles.

Le dossier a mobilisé plusieurs associations de défense de l’environnement et des consommateurs, constituées parties civiles. Elles y voient une affaire emblématique pour la répression des pratiques illégales dans le domaine agricole. À l’inverse, la défense des principaux prévenus a dénoncé une instruction lacunaire, fondée selon elle sur des éléments insuffisants et dépourvue d’expertises scientifiques concluantes. Les avocats ont plaidé la relaxe générale, contestant l’intention délictuelle de leurs clients.

Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu le 7 avril prochain.

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