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Quatre décennies plus tard, la justice française ouvre le procès de l’attentat du Marais

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L’instruction close après 43 ans d’enquête aboutit au renvoi de six suspects devant la cour d’assises spéciale pour l’attaque meurtrière de la rue des Rosiers.

Le dossier judiciaire de l’un des attentats les plus emblématiques du Paris des années 1980 vient de franchir une étape décisive. Un juge d’instruction a ordonné l’ouverture d’un procès contre six individus soupçonnés d’avoir participé à l’attaque armée ayant coûté la vie à six personnes le 9 août 1982 dans le quartier du Marais.

Ce jour-là, un commando avait lancé une grenade dans le restaurant Goldenberg avant d’ouvrir le feu dans la rue, blessant grièvement vingt-deux autres personnes. Les investigations ont établi que ces violences étaient l’œuvre du Fatah-Conseil révolutionnaire, une faction dissidente de l’OLP dirigée par Abou Nidal.

Parmi les accusés figura Walid Abdulrahman Abou Zayed, considéré comme l’un des tireurs. Cet homme de 66 ans, extradé de Norvège en 2020, nie toute implication directe malgré des témoignages le désignant comme un cadre opérationnel du groupe terroriste. Ses avocats dénoncent une procédure bâclée destinée selon eux à justifier son maintien en détention.

Le dossier inclut également Hazza Taha, suspecté d’avoir fourni un soutien logistique, ainsi que quatre autres hommes toujours en fuite à l’étranger. Les magistrats se sont appuyés sur un ensemble de preuves croisées incluant des archives des services de renseignement et des reconstitutions.

Pour les parties civiles, ce procès tant attendu suscite des sentiments contrastés. Si la perspective d’une audience constitue un aboutissement, l’absence probable de plusieurs accusés et les incertitudes persistantes sur certains faits historiques laissent poindre une frustration. Les avocats des victimes insistent sur la nécessité d’établir enfin une vérité judiciaire, quarante-trois ans après les faits.

La tenue de ce procès marquera un moment important pour la mémoire des victimes comme pour l’histoire judiciaire française, confrontée aux difficultés propres aux dossiers terroristes anciens où preuves matérielles et témoins directs se font rares avec le temps.

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