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Oualata, joyau mauritanien menacé par les sables et l’oubli


Perle architecturale du désert, cette cité médiévale lutte pour préserver ses trésors historiques face à l’ensablement et à l’exode de ses habitants.
Niché au cœur des étendues sahariennes, Oualata émerveille par son architecture ocre et ses manuscrits séculaires. Classée parmi les quatre ksour historiques de Mauritanie, cette ville caravanière fut autrefois un haut lieu de savoir islamique. Aujourd’hui, ses murs fissurés et ses rues désertées racontent une autre histoire : celle d’un patrimoine fragilisé par les intempéries et l’abandon.
Les pluies diluviennes ont laissé des cicatrices sur les façades en banco, ce mélange de terre rouge typique de la région. Certaines demeures, héritages familiaux centenaires, ne sont plus que des amas de pierres. « Beaucoup ont succombé aux dernières moussons », confie une habitante devant les vestiges de sa maison ancestrale. L’exode rural a vidé la vieille ville : sur près de 300 parcelles, seule une centaine sont encore habitées.
Le désert, lui, gagne du terrain. Les dunes engloutissent peu à peu les alentours, un phénomène aggravé par les bouleversements climatiques. « Oualata étouffe sous le sable », constate un responsable local. La mosquée médiévale, jadis ensevelie jusqu’à son toit, symbolise ce combat perpétuel contre les éléments. Malgré tout, la cité garde fièrement ses portes sculptées dans l’acacia et ses bibliothèques familiales, où dorment des manuscrits vieux de sept siècles.
Parmi ces gardiens de la mémoire, un imam feuillette avec précaution un parchemin du XIVe siècle. « Ces textes sont notre héritage », murmure-t-il dans la pénombre fraîche de sa demeure. Protégés tant bien que mal dans des placards ou des sacs plastiques, ces écrits traitant de théologie, d’astronomie ou d’histoire résistent à l’humidité et au temps. Des projets de numérisation ont sauvé une partie de ce savoir, mais le manque de moyens et d’experts menace la survie de ce legs culturel.
L’isolement géographique et les risques sécuritaires éloignent les visiteurs, privant la région de ressources vitales. Quelques initiatives, comme un festival annuel, redonnent espoir en attirant des fonds pour la restauration. À la nuit tombée, lorsque la chaleur s’atténue, les rires d’enfants résonnent entre les murs ocre : une fragile lueur de renaissance pour ce joyau du désert.





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