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L’ombre de Téhéran sur un procès parisien pour apologie du terrorisme

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_**Le procès de cinq individus, dont une Iranienne, pour glorification en ligne des attaques du 7 octobre en Israël, se déroule dans un contexte géopolitique sensible, marqué par les manœuvres diplomatiques de la République islamique.**_

L’audience correctionnelle de Paris qui juge cinq personnes pour apologie d’actes terroristes en ligne révèle des ramifications bien au-delà du prétoire. Au centre des débats, Mahdieh Esfandiari, une Iranienne de 39 ans, comparaît aux côtés de quatre hommes, dont l’essayiste Alain Soral, absent, et Maurizio Busson, présenté comme le fondateur du réseau « Axe de la Résistance ». Ce collectif est accusé d’avoir diffusé sur Telegram, notamment sous le pseudonyme « Sayna », des contenus exaltant les violences perpétrées en Israël le 7 octobre 2023, incitant à des actes terroristes et tenant des propos injurieux à l’encontre de la communauté juive.

La procédure intervient à un moment particulièrement tendu dans les relations entre Paris et Téhéran. Les autorités iraniennes ont en effet exprimé leur intention de proposer un échange une fois le jugement rendu, visant à libérer Mahdieh Esfandiari contre les deux ressortissants français Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis 2022. Cette perspective confère une dimension diplomatique singulière à ce dossier purement judiciaire à l’origine.

Les investigations ont mis en lumière le parcours de Maurizio Busson, converti à l’islam et détenteur d’une maîtrise de langue arabe. Après un séjour en Syrie puis en Iran, où il a étudié le persan à l’Université al-Mustafa de Qom, il affirme avoir créé « Axe de la Résistance » vers 2014. Cette institution, selon des éléments du dossier cités par la présidente du tribunal, entretiendrait des liens avec les Gardiens de la révolution iraniens et aurait été soupçonnée par le passé de participer au recrutement d’agents à l’étranger. L’intéressé reconnaît la vocation de formation de l’université mais se dit ignorant de ses connexions avec le corps d’élite iranien.

Mahdieh Esfandiari, pour sa part, a exprimé devant la cour son admiration pour les figures du régime iranien, tout en niant être l’autrice des publications incriminées, bien qu’elle ait concédé sa participation au réseau. Les échanges examinés par les enquêteurs font état de transmissions d’informations provenant d’une agence de presse officielle iranienne. Les réquisitions du ministère public et la décision du tribunal sont attendues en fin de semaine, clôturant une audience où les enjeux de liberté d’expression, de lutte contre la propagande terroriste et de realpolitik internationale se sont inextricablement mêlés.

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