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L’impasse génétique

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La justice se heurte à l’identité parfaite de deux frères jumeaux, accusés d’homicides, dans une affaire où la science a atteint ses limites.

La cour d’assises de Seine-Saint-Denis examine une affaire criminelle qui plonge le système judiciaire dans une complexité inédite. Deux frères, âgés de 33 ans, sont jugés pour leur implication présumée dans des faits survenus à l’automne 2020, incluant la mort de deux personnes et une fusillade ayant provoqué plusieurs blessés. L’enquête a établi la présence de l’un des deux hommes sur les lieux, mais l’identification formelle de l’auteur des actes constitue l’obstacle central du procès.

Les deux accusés sont des jumeaux monozygotes, ce qui rend leur profil génétique absolument identique. Les analyses scientifiques, notamment celles portant sur des traces biologiques relevées sur une arme, n’ont pu attribuer les prélèvements à l’un plutôt qu’à l’autre. Cette singularité biologique neutralise l’un des outils d’investigation les plus déterminants dans les affaires criminelles contemporaines.

Les frères auraient, selon les éléments de l’instruction, exploité cette indistinction naturelle dans leurs activités délictuelles, échangeant fréquemment vêtements, téléphones et même pièces d’identité. Un enquêteur a indiqué que seule leur mère serait en mesure de les distinguer avec certitude. Face à cette impasse, magistrats et jurés doivent désormais fonder leur appréciation sur d’autres faisceaux de preuves, tels que les relevés téléphoniques, les enregistrements issus de sonorisations ou les images de vidéosurveillance. Les débats, qui se poursuivront jusqu’à la fin du mois, s’annoncent ainsi comme un exercice d’interprétation minutieux de ces indices indirects.

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