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Culture

Le sanctuaire khmer de Preah Vihear porte les cicatrices d’un conflit frontalier

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Le site classé au patrimoine mondial, théâtre de violents affrontements entre le Cambodge et la Thaïlande, présente des dommages considérables. Les autorités cambodgiennes évoquent une restauration complexe et coûteuse.

Les murs de grès millénaires du temple de Preah Vihear conservent désormais la mémoire récente des tensions régionales. Ce joyau de l’architecture khmère, inscrit par l’Unesco, présente en de multiples endroits les impacts d’éclats d’obus, séquelles visibles de plusieurs semaines d’hostilités entre les armées cambodgienne et thaïlandaise. Le complexe sacré, bâti au XIe siècle sur un éperon rocheux dominant les plaines du nord du Cambodge, s’est transformé en zone de combat à la suite de la résurgence d’un différend frontalier ancien.

Selon les responsables cambodgiens en charge de la préservation du site, les dégradations importantes, qui affectent notamment des ornementations sculptées, résultent de tirs d’artillerie et de bombardements aériens. Des munitions non explosées ont par ailleurs été repérées sur les lieux. Les experts locaux dressent un constat alarmant, évoquant des dommages très graves sur plusieurs centaines de sections du monument. La restauration s’annonce particulièrement délicate, longue et onéreuse, avec le risque d’effondrement pour certaines structures. Une intervention d’urgence est réclamée, et une consultation avec l’Unesco est prévue pour déterminer les modalités de réparation.

L’origine du litige remonte à un traité de délimitation conclu au siècle dernier, laissant certaines zones en suspens. La souveraineté cambodgienne sur Preah Vihear a été confirmée à deux reprises par la Cour internationale de Justice, en 1962 puis en 2013. Les récents combats ont toutefois ravivé les accusations mutuelles, la partie thaïlandaise ayant reproché à son voisin d’utiliser le site à des fins militaires. Pour certains observateurs sur place, une partie des altérations subies par le temple pourrait s’avérer irréversible, au point d’envisager de conserver certaines sections endommagées comme témoignage historique des événements.

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