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La mort de Quentin Deranque, un cas judiciaire aux répercussions politiques

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L’enquête sur la mort du jeune militant nationaliste, survenue après une agression à Lyon, entre dans une phase judiciaire décisive. Les appels au calme se multiplient, dans un climat politique tendu.

Les premières mises en examen devraient être prononcées ce jeudi dans le cadre de l’instruction ouverte après le décès de Quentin Deranque. Le jeune homme de vingt-trois ans, grièvement blessé à la tête le 12 février en marge d’une conférence à Sciences Po Lyon, avait succombé à ses blessures trois jours plus tard. Les investigations, menées sous le chef d’homicide volontaire, ont conduit à l’interpellation de onze suspects, dont les gardes à vue arrivent à leur terme.

Parmi les personnes placées en détention provisoire, sept sont soupçonnées d’avoir participé directement aux faits de violence. Les quatre autres individus sont poursuivis pour avoir, selon les éléments de l’enquête, aidé certains protagonistes à échapper aux recherches. Une source proche du dossier indique que la majorité des personnes interpellées ont des liens avec des mouvances d’ultragauche. Le parquet de Lyon doit tenir une conférence de presse en fin de journée pour faire le point sur la procédure.

Ce drame a rapidement pris une dimension politique. Deux collaborateurs parlementaires et un ancien stagiaire du député La France insoumise Raphaël Arnault figurent parmi les suspects. L’élu, fondateur du groupuscule La Jeune Garde Antifasciste dissous l’an dernier, est sous le feu des critiques. La présidente de l’Assemblée nationale a suspendu les accès des collaborateurs mis en cause aux locaux du Palais Bourbon. Le ministre de la Justice a invité publiquement le parlementaire à « tirer les conclusions » si la justice établissait des faits graves impliquant son entourage.

Face à ces développements, le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a réaffirmé qu’il n’était « pas question » de suspendre ou d’exclure Raphaël Arnault du groupe parlementaire. Il a estimé que l’élu ne pouvait être tenu pour responsable des actes de ses salariés. Cette position ne désarme pas l’opposition. Des figures de la droite et de l’extrême droite réclament la démission du député et appellent à un « cordon sanitaire » autour de son parti pour les futures échéances électorales.

Dans ce contexte, les appels à l’apaisement se sont intensifiés. L’entourage du président de la République, en déplacement à l’étranger, a indiqué qu’il suivait la situation avec attention et souhaitait éviter « tout engrenage de la violence ». Les parents de la victime, par l’intermédiaire de leur avocat, ont également lancé un appel au « calme et à la retenue », condamnant « toute forme de violence politique ». Ils ont annoncé qu’ils ne participeraient pas à une marche hommage prévue samedi à Lyon et ont souhaité que cet éventuel rassemblement se déroule sans manifestation politique.

L’autorisation de cette marche, dont l’initiative revient à une amie de la victime et à une ancienne porte-parole d’un mouvement anti-avortement, n’a pas encore été accordée par la préfecture du Rhône. Les services de l’État évaluent toujours les risques pour l’ordre public, au regard notamment des multiples appels lancés sur les réseaux sociaux par des groupes d’ultradroite comme d’ultragauche, en France comme à l’étranger. Le maire écologiste de Lyon a pour sa part demandé l’interdiction de la manifestation, invoquant un « risque réel de débordements violents ».

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