Monde
Une retraitée russe condamnée pour avoir défié le Kremlin : l’itinéraire troublant d’Evguénia Maïboroda
D’une fervente soutienne de Poutine à une prisonnière politique, son parcours reflète les fractures d’une société sous tension.
Assise dans le box des accusés, Evguénia Maïboroda, 72 ans, écoute son verdict sous le regard impassible du tribunal. Ce jour de janvier 2024, cette ancienne employée minière est condamnée à cinq ans et demi de prison pour avoir critiqué l’offensive russe en Ukraine. Une chute spectaculaire pour celle qui, quelques années plus tôt, célébrait encore l’annexion de la Crimée et le leadership de Vladimir Poutine.
Son histoire, reconstituée à travers des documents et témoignages, révèle une métamorphose aussi surprenante que révélatrice. Accusée d’avoir diffusé des « fausses informations » sur l’armée et un « appel à l’extrémisme » via les réseaux sociaux, elle figurait dès 2023 sur la liste des « terroristes et extrémistes » établie par Moscou. Pourtant, rien ne prédestinait cette femme ordinaire, issue de l’élite ouvrière soviétique, à devenir une figure de la dissidence.
Née en 1951 près de Rostov, à la frontière ukrainienne, Evguénia incarne longtemps les valeurs du régime. Mariée à un mineur respecté, elle bénéficie des privilèges de la nomenklatura avant que la chute de l’URSS ne plonge sa famille dans la précarité. Le décès de son fils unique en 1997, puis celui de son mari, la laissent seule, tournée vers la religion et les réseaux sociaux. Sa page VK, d’abord peuplée de messages patriotiques et de photos de Poutine, bascule en 2018. La réforme des retraites, perçue comme une trahison, alimente sa colère. Ses publications dénoncent désormais la pauvreté, la corruption et les manipulations constitutionnelles visant à maintenir le président au pouvoir.
Le conflit en Ukraine achève sa radicalisation. En 2022, elle condamne l’invasion, soutient le régiment Azov – pourtant diabolisé par la propagande russe – et partage une vidéo controversée montrant une enfant ukrainienne brandissant un couteau devant une croix gammée. Un geste qui lui vaut d’être accusée de nazisme, malgré l’absence de preuves sur ses convictions réelles.
Si son emprisonnement a suscité l’indignation des ONG, Evguénia Maïboroda reste un cas isolé dans une Russie où la répression étouffe toute voix discordante. Interrogée depuis sa cellule, elle invoque sa foi pour justifier son rejet de la guerre : « Tu ne tueras point. Pourquoi tout ça ? Je n’ai pas compris. » Son histoire, entre résistance et contradictions, illustre le vertige d’un pays où le pouvoir joue avec les consciences, mêlant nationalisme, désinformation et peur.
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