Nous rejoindre sur les réseaux

News

Une hécatombe silencieuse frappe les marais de Loire-Atlantique

Article

le

Des milliers d’oiseaux succombent à une bactérie mortelle, tandis que les acteurs locaux s’organisent pour limiter les dégâts.

Dans les zones humides de Loire-Atlantique, un phénomène inquiétant se déroule sous le silence des marais. Des centaines de volatiles gisent sans vie, victimes d’une souche virulente de botulisme aviaire. Les températures élevées et le manque de précipitations en début d’été ont créé un terrain propice à la prolifération de cette bactérie, naturellement présente mais dont l’impact est cette année particulièrement dévastateur.

Près de 150 bénévoles, chasseurs et pêcheurs, se sont mobilisés pour récupérer les carcasses, équipés de gants et de bottes afin d’éviter tout risque de contamination, bien que la maladie ne soit pas transmissible à l’homme. Le marais de Brière, habituellement foisonnant de vie, offre désormais un spectacle désolant. Plus de 600 oiseaux, principalement des colverts, ont été ramassés en une seule journée, s’ajoutant aux milliers déjà recensés depuis le début du mois.

Les spécialistes soulignent la gravité de la situation, inédite depuis près de trente ans. Le botulisme aviaire, considéré comme l’une des principales causes de mortalité chez les oiseaux d’eau, provoque une paralysie progressive conduisant à une issue fatale. Les larves issues des cadavres contaminés aggravent encore le phénomène en infectant à leur tour les oiseaux sains qui les ingèrent.

Au-delà des conditions climatiques exceptionnelles, des questions se posent sur la gestion hydraulique des marais. Certains acteurs locaux pointent du doigt des pratiques agricoles qui maintiennent un niveau d’eau trop bas, tandis que d’autres évoquent un cadre réglementaire inadapté aux variations extrêmes liées au changement climatique.

Alors que la saison des migrations approche, les craintes se portent désormais sur les espèces voyageuses, potentiellement exposées à leur tour. Les opérations de ramassage se poursuivent, mais l’efficacité reste limitée face à l’ampleur du phénomène. Pour les défenseurs de ces écosystèmes fragiles, cette crise pourrait marquer un tournant dans la manière d’appréhender la préservation des zones humides.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus