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Une course contre la montre s’engage dans la forêt landaise

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Une opération d’ampleur est en cours pour tenter de contenir la première apparition en France d’un parasite dévastateur pour les résineux, le nématode du pin, détecté à l’automne dernier.

Dans le massif forestier des Landes, une activité intense mobilise engins et opérateurs. Il s’agit d’une intervention sanitaire d’urgence, décrétée pour faire face à l’introduction du *Bursaphelenchus xylophilus*. Ce ver microscopique, classé comme menace prioritaire par l’Union européenne, provoque le dépérissement rapide des pins en obstruant leurs canaux de sève. Sa présence, confirmée sur une parcelle de la commune de Seignosse, a déclenché un protocole strict d’éradication.

Un arrêté préfectoral a défini deux périmètres d’action. Une zone dite infestée, d’un rayon de cinq cents mètres autour des foyers identifiés, où tous les conifères doivent être abattus avant la mi-février. Au-delà, une zone tampon de vingt kilomètres fait l’objet d’une surveillance renforcée et d’un nettoyage sanitaire. L’objectif est d’agir avant le réveil printanier du coléoptère qui sert de vecteur au parasite, transportant des milliers de vers d’arbre en arbre.

Les troncs abattus sont systématiquement traités par la chaleur ou destinés à la combustion, afin d’éliminer tout risque de dissémination. Pour les professionnels de la filière bois, l’enjeu est considérable. Une propagation du nématode sur le territoire national entraînerait des conséquences économiques sévères, avec une dépréciation importante des grumes et des coûts de traitement prohibitifs. Le massif landais, pilier de l’industrie sylvicole régionale, serait directement menacé.

Les autorités se veulent toutefois prudemment optimistes. Les centaines de prélèvements effectués autour du foyer initial se sont, à ce stade, révélés négatifs. Aucun nouveau cas n’a été signalé dans un rayon de trois kilomètres, un signe encourageant pour les services de l’État. Cette relative accalmie n’incite cependant pas à relâcher les efforts, la période critique approchant avec la remontée des températures.

L’opération, perçue comme une nécessité vitale pour la préservation de la forêt, n’est pas sans susciter des difficultés. Les propriétaires concernés doivent supporter financièrement les travaux dans un premier temps, avant remboursement par l’État. Certains ont saisi la justice administrative, contestant les mesures. Pour les élus locaux, au-delà de l’impact économique, c’est aussi le paysage emblématique qui est meurtri, représentant un préjudice patrimonial et environnemental.

La tâche reste immense. Après l’abattage dans la zone cœur, il faudra procéder, d’ici à la fin mars, à l’évacuation des arbres morts sur des milliers d’hectares dans la zone tampon, une entreprise décrite comme colossale par les gestionnaires forestiers. La mobilisation de tous les acteurs est considérée comme essentielle pour tenter de circonscrire ce foyer et protéger l’avenir de la plus grande forêt cultivée d’Europe occidentale.

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