Nous rejoindre sur les réseaux

Politique

Un rejet quasi unanime du budget 2026 à l’Assemblée nationale

Article

le

Les députés ont massivement repoussé le projet de loi de finances, une situation inédite sous la Ve République qui renvoie le texte au Sénat dans un contexte politique tendu.

L’hémicycle de l’Assemblée nationale a connu une séance nocturne exceptionnelle avec le rejet massif du projet de budget de l’État pour l’année 2026. Ce scrutin, intervenu en première lecture, a vu l’ensemble des groupes parlementaires, à l’exception de la majorité présidentielle, s’opposer au texte gouvernemental. Avec 404 voix contre les dispositions relatives aux recettes, l’examen des dépenses n’a même pu être engagé, marquant un échec politique retentissant pour l’exécutif.

Cette opposition transcende les clivages traditionnels, rassemblant dans un vote commun la gauche, la droite et l’extrême droite. Les formations de la majorité, pour leur part, ont majoritairement opté pour l’abstention. Un tel rejet, par son ampleur, constitue un précédent historique sous la Cinquième République, dépassant en intensité le rejet déjà intervenu sur le budget de 2024.

Les réactions politiques illustrent la fracture institutionnelle. La ministre des Comptes publics a salué la tenue du « plus long débat budgétaire de la Ve République » tout en dénonçant des propositions qu’elle juge inconstitutionnelles et irréalistes. Du côté de l’opposition, le président de la commission des Finances a estimé que ce texte « présenté comme s’il était majoritaire » ne pouvait que mécontenter l’ensemble des forces politiques. Les critiques ont fusé de toutes parts, certains dénonçant une « inconséquence » parlementaire, d’autres redoutant le recours à l’article 49.3 de la Constitution.

La suite du processus législatif s’annonce complexe. Le projet de loi est désormais transmis au Sénat, qui doit l’examiner à partir de jeudi prochain en reprenant la version initiale du gouvernement. Les délais impartis et l’absence de majorité évidente rendent incertaine l’adoption du budget dans les temps. Le rapporteur général du budget suggère néanmoins la possibilité d’utiliser les outils constitutionnels pour faire adopter le texte avant la fin de l’année, malgré les engagements contraires précédemment exprimés par l’exécutif.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus