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Ubisoft engage une restructuration majeure pour redresser sa trajectoire

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Le groupe français annonce l’abandon de plusieurs projets et une réorganisation interne sans précédent, alors qu’il anticipe des pertes opérationnelles significatives pour l’exercice en cours.

L’éditeur de jeux vidéo Ubisoft opère un virage stratégique d’ampleur. Confronté à un environnement de marché particulièrement concurrentiel et à des performances financières décevantes, le groupe a dévoilé un plan de transformation radical. Celui-ci passe par une réorganisation profonde de ses équipes de développement et par un resserrement de son portefeuille de projets.

Plusieurs titres en cours de production ont ainsi été purement et simplement abandonnés. Parmi eux figure notamment le remake très attendu de « Prince of Persia : les Sables du temps », dont le développement est stoppé après plusieurs années de travail. Cinq autres projets, dont un jeu mobile et quatre titres non dévoilés au public, subissent le même sort. En parallèle, sept autres jeux bénéficieront d’un délai de développement supplémentaire.

Cette rationalisation s’accompagne d’une refonte complète de l’appareil de production. Dès le début du mois d’avril, les studios seront regroupés au sein de cinq entités distinctes, baptisées « maisons de création ». Chacune sera spécialisée dans un genre ou un univers spécifique, comme les jeux de tir, les univers fantastiques ou les titres familiaux, et disposera d’une large autonomie opérationnelle et financière. Cette nouvelle structure, présentée comme inédite dans le secteur, vise à clarifier les responsabilités et à accélérer les prises de décision.

La première de ces entités, Vantage Studios, a été constituée en octobre dernier autour des franchises historiques du groupe, telles qu’« Assassin’s Creed », « Rainbow Six » et « Far Cry ». Elle est valorisée à 3,8 milliards d’euros et compte le géant chinois Tencent parmi ses actionnaires. Les autres studios mondiaux d’Ubisoft formeront un réseau de soutien partagé, tandis que les fonctions transverses comme la technologie, le marketing ou la distribution seront mutualisées.

Sur le plan financier, la direction révise fortement à la baisse ses prévisions. Alors qu’un résultat opérationnel proche de l’équilibre était escompté pour l’exercice 2025-2026, le groupe anticipe désormais une perte opérationnelle d’environ un milliard d’euros. Les réservations nettes devraient également reculer, pour s’établir autour de 1,5 milliard d’euros sur l’année. Pour redresser la barre, une nouvelle phase de réduction des coûts, d’au moins 200 millions d’euros sur deux ans, a été engagée.

Cette cure d’austérité s’inscrit dans un plan plus large qui a déjà conduit à la suppression de plus de trois mille postes et à la fermeture de plusieurs studios ces dernières années. La direction souhaite par ailleurs réduire significativement le recours au télétravail, une mesure qui suscite des tensions avec une partie des équipes, certaines ayant déjà manifesté leur opposition par le passé.

Cette restructuration intervient dans un contexte sectoriel difficile, marqué par un ralentissement de la croissance mondiale. Ubisoft a enchaîné plusieurs déconvenues récentes, avec des sorties de jeux aux résultats mitigés ou l’arrêt prématuré de certains services en ligne. Ces difficultés se reflètent sur les marchés financiers, où la valeur de l’action a été divisée par deux depuis le début de l’année.

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