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Ouganda, un scrutin sous haute tension

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_**Les électeurs se rendent aux urnes dans un climat marqué par des restrictions numériques et une forte pression sécuritaire, alors que le président sortant brigue un nouveau mandat après quatre décennies au pouvoir.**_

Les citoyens ougandais participent ce jeudi à un double scrutin présidentiel et législatif. Ce rendez-vous électoral se tient dans une atmosphère particulièrement crispée, caractérisée par un déploiement massif des forces de l’ordre et une interruption des services internet décrétée par les autorités. Le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, est candidat à sa propre succession.

La veille du vote, les rues de la capitale Kampala affichaient une présence policière et militaire inhabituelle. Une nervosité palpable régnait parmi les habitants, certains refusant même d’évoquer le sujet des élections. Cette appréhension s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions des libertés publiques, régulièrement dénoncé par les organisations internationales. Le principal challenger du chef de l’État sortant est Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine. Cet ancien artiste, qui se présente comme le porte-voix des quartiers populaires, a mené une campagne émaillée d’arrestations parmi ses soutiens. Il a lui-même dénoncé à plusieurs reprises des intimidations et porté un gilet pare-balles lors de ses meetings.

Les autorités justifient les mesures de sécurité, dont la coupure d’internet intervenue mardi, par la nécessité de prévenir les troubles à l’ordre public et la diffusion de fausses informations. Cette décision a toutefois suscité des critiques, des observateurs y voyant une entrave à la transparence du processus. L’opposition et certaines instances internationales s’inquiètent d’un possible manquement aux standards démocratiques. Bobi Wine a explicitement accusé le pouvoir en place de préparer des fraudes et promis des mobilisations en cas de résultats contestés.

Malgré les controverses, Yoweri Museveni conserve une base de soutien solide dans le pays. Beaucoup lui reconnaissent le mérite d’avoir stabilisé l’Ouganda après des années de conflits. Le paysage politique reste cependant marqué par des tensions persistantes, illustrées par la détention d’autres figures de l’opposition, comme Kizza Besigye, inculpé pour trahison. L’issue du scrutin, dont le déroulement est scruté avec attention, dessinera les contours politiques d’une nation où la majorité de la population est née après l’arrivée au pouvoir de l’actuel président.

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