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L’Iran à l’épreuve de la longévité d’Ali Khamenei

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À la tête du régime théocratique depuis plus de trois décennies, le Guide suprême fait face à une contestation multiforme qui interroge la pérennité de son autorité sans partage.

L’ayatollah Ali Khamenei, pilier incontesté de la République islamique depuis 1989, traverse une période de défis inédits. Son règne, marqué par une gestion autoritaire des crises internes et une rhétorique anti-occidentale constante, est aujourd’hui confronté à une remise en question profonde, tant sur le plan social que stratégique.

Le dirigeant octogénaire a consolidé son pouvoir en réprimant systématiquement toute velléité de dissidence, des mouvements étudiants de la fin des années 1990 aux vastes mobilisations populaires de ces dernières années. La réponse apportée aux récentes manifestations, qualifiées publiquement d’actes de sabotage pilotés par l’étranger, s’inscrit dans cette logique de fermeté. Pour autant, cette méthode, fondée sur la coercition, semble avoir érodé la marge de manœuvre du régime pour répondre aux causes structurelles du mécontentement.

Sur la scène internationale, l’équilibre est également précaire. Les frappes israéliennes sur le sol iranien ont révélé des vulnérabilités sécuritaires, obligeant le Guide à adopter une posture discrète durant le conflit. Sa réapparition publique récente, pour un discours martial, vise à restaurer une image d’autorité inébranlable. Cette démonstration ne masque qu’imparfaitement les tensions qui traversent l’appareil d’État.

L’ascension d’Ali Khamenei au sommet du pouvoir est le fruit d’une loyauté absolue envers le fondateur du régime, l’ayatollah Khomeiny. Son parcours, depuis son engagement contre la monarchie du Chah jusqu’à sa désignation surprise comme Guide suprême, illustre les rouages opaques de la succession dans le système clérical. Son influence s’exerce sans discontinuer sur l’ensemble des institutions, y compris sous les mandats de présidents perçus comme modérés, dont les tentatives d’ouverture ont systématiquement été contenues.

La question de sa succession plane désormais sur l’avenir du pays. L’âge avancé du dirigeant, les spéculations récurrentes sur son état de santé et l’influence croissante de son entourage, notamment de certains de ses fils, alimentent les conjectures. Le régime se trouve à un carrefour, tiraillé entre la perpétuation d’une ligne idéologique rigide et la nécessité de répondre aux aspirations d’une population jeune et connectée.

La longévité exceptionnelle d’Ali Khamenei a assuré une stabilité apparente, mais elle a aussi cristallisé les contradictions d’un système dont la résilience est aujourd’hui mise à l’épreuve par des forces à la fois internes et externes. L’ère qui s’annonce pourrait être celle d’une transition décisive pour l’Iran.

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