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Société

L’impossible relève dans les mairies de campagne

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À quelques mois des élections municipales, de nombreux élus locaux, faute de volontaires pour leur succéder, se résignent à briguer un nouveau mandat. Un phénomène qui touche principalement les plus petites communes et interroge sur leur avenir administratif.

La perspective des scrutins de 2026 pousse plusieurs maires, notamment en Normandie, à annoncer leur candidature non par ambition, mais par nécessité. Confrontés à une pénurie de successeurs potentiels et à la crainte de voir leur entité administrative disparaître, ces élus font le choix de rempiler, souvent à contrecoeur. Cette situation, loin d’être isolée, reflète une difficulté croissante à mobiliser des citoyens pour assumer des responsabilités municipales, particulièrement dans les villages les moins peuplés.

À Cercueil, dans l’Orne, la maire en poste depuis plusieurs mandats envisageait de se retirer. L’absence d’une liste complète pour la remplacer l’a conduite à renoncer à ce projet. Elle redoute par-dessus tout une fusion imposée avec une commune voisine, synonyme selon elle d’une perte d’autonomie et d’identité pour les habitants. Son cas illustre un sentiment partagé par de nombreux édiles, pour qui la défense de l’existence même de la commune prime sur la fatigue personnelle.

La nouvelle réglementation sur la parité stricte dans les listes électorales complique davantage la constitution des équipes. Si le principe est généralement approuvé, sa mise en œuvre pratique se heurte à des réalités locales. Dans certaines municipalités, trouver un nombre égal de femmes et d’hommes disposés à s’engager relève du défi, les candidates se montrant parfois plus réticentes ou moins disponibles. Cette contrainte, bien que jugée légitime, ajoute une difficulté supplémentaire au processus déjà complexe de renouvellement des conseils municipaux.

Le problème atteint son paroxysme dans les villages de quelques centaines d’âmes. À Sainte-Marie-Outre-l’Eau, dans le Calvados, la maire sortante évoque les efforts considérables déployés pour simplement compléter sa liste. La faible démographie limite mécaniquement le vivier de candidats, rendant chaque élection un exercice périlleux pour la pérennité de l’institution communale. La menace d’une tutelle préfectorale suivie d’un rattachement à une collectivité plus importante sert souvent de catalyseur pour convaincre les derniers réticents.

Face à cette situation, le législateur a assoupli certaines règles. Dans les communes de moins de mille habitants, il est désormais possible de présenter des listes légèrement incomplètes et d’intégrer des conseillers municipaux ne résidant pas sur le territoire. Ces mesures, pourtant, ne suffisent pas toujours à garantir la tenue d’un scrutin disputé. Lors du dernier cycle électoral, plusieurs dizaines de communes, essentiellement de très petite taille, s’étaient retrouvées sans aucune liste candidate, un scénario que beaucoup cherchent à éviter à tout prix en 2026.

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