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Les lieux de culte submergés par les décombres après le déluge

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Dans le nord de Sumatra, les fidèles se retrouvent privés de leurs mosquées, ensevelies sous des montagnes de troncs d’arbres charriés par les eaux. Le président Prabowo Subianto s’est rendu sur place pour constater l’étendue des dégâts.

Les inondations catastrophiques qui ont frappé la province d’Aceh, dans le nord de Sumatra, ont laissé derrière elles un paysage de désolation. Outre un bilan humain très lourd, les intempéries ont engendré une situation inédite pour les communautés musulmanes. De nombreux lieux de prière, dont la mosquée Darul Mukhlisin, sont devenus inaccessibles, encerclés par d’immenses amoncellements de bois.

Ce vendredi, jour de prière collective, les fidèles des villages affectés se sont trouvés dans l’impossibilité de se rendre à leur lieu de culte habituel. L’entrée de la mosquée Darul Mukhlisin est obstruée par des centaines de troncs et d’arbres déracinés, charriés par le courant il y a deux semaines. Un habitant du secteur a confié que l’édifice, situé près d’un cours d’eau aujourd’hui méconnaissable, avait visiblement servi de barrage naturel, limitant peut-être des destructions plus amples en aval.

Les autorités indonésiennes établissent un lien direct entre l’ampleur des dégâts et les pratiques de déforestation. Les experts environnementaux soulignent depuis longtemps que la réduction du couvert forestier, en privant les sols de stabilité et de capacité d’absorption, exacerbe les conséquences des précipitations extrêmes. Le pays figure parmi ceux qui enregistrent les taux de disparition de forêts primaires les plus élevés au monde.

Lors d’une visite dans le district d’Aceh Tamiang, le président Prabowo Subianto a rencontré des sinistrés et promis un engagement total de l’État dans les efforts de reconstruction. Il a également lancé un appel à une gestion plus rigoureuse des ressources forestières, enjoignant aux autorités locales de renforcer la protection des espaces naturels. Malgré ces assurances, sur le terrain, une certaine impatience se fait jour parmi les populations déplacées, qui dénoncent la lenteur de l’acheminement de l’aide.

Face à l’ampleur des besoins, le gouvernement indonésien a évalué le coût des travaux de remise en état à plusieurs milliards de dollars, tout en affirmant vouloir gérer la crise sans recourir à l’assistance internationale. En attendant, les habitants, comme ce fidèle de 37 ans rencontré par nos soins, doivent parcourir les alentours à la recherche d’un lieu de prière épargné, symbolisant la quête de normalité dans une région profondément meurtrie.

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