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Économie

L’Argentine paralysée par une grève contre la réforme du travail de Milei

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_**Le pays connaît son quatrième arrêt de travail national depuis l’arrivée au pouvoir du président libéral, alors que son projet de dérégulation du marché du travail avance au Parlement.**_

Le mouvement de grève générale a débuté jeudi à minuit, plongeant le pays dans un vaste arrêt des activités. Les transports ferroviaires et aériens, les services portuaires, bancaires et une grande partie de l’administration publique sont à l’arrêt ou fortement perturbés pour vingt-quatre heures. La puissante centrale syndicale CGT, à l’origine de l’appel, a promis une mobilisation d’ampleur, dont l’impact devrait dépasser celui de la précédente journée d’action. La compagnie aérienne nationale Aerolineas Argentinas a d’ores et déjà annulé plus de 250 vols, affectant des dizaines de milliers de passagers.

Cette quatrième grève générale en un peu plus de deux ans de mandat vise directement le projet de loi sur la « modernisation du travail », actuellement examiné par les députés. Le texte, adopté la semaine dernière par le Sénat après des concessions du gouvernement, modifie substantiellement le code du travail. Il assouplit les conditions de licenciement, revoit à la baisse le système d’indemnités, permet d’allonger la durée journalière du travail et étend la liste des services considérés comme essentiels en cas de conflit social.

L’exécutif défend une réforme présentée comme nécessaire pour stimuler l’emploi formel dans une économie où le secteur informel reste prépondérant. Le gouvernement évoque également la nécessité de réduire ce qu’il qualifie de « judiciarisation excessive » des relations professionnelles. Les syndicats, emmenés par la CGT, dénoncent au contraire une précarisation généralisée des droits des salariés et une législation qu’ils estiment régressive.

La mobilisation sociale survient dans un contexte politique particulier, quelques mois après la victoire électorale aux législatives de mi-mandat du président Javier Milei. Alors que le projet de loi semble sur la voie d’une adoption définitive, les tensions se sont manifestées en marge des débats parlementaires. Des incidents avaient éclaté la semaine précédente entre des manifestants et les forces de l’ordre. Les autorités ont diffusé des consignes de sécurité à l’intention des journalistes couvrant les rassemblements.

Le chef de l’État, pour sa part, se trouve à Washington pour une réunion internationale. Son absence coïncide avec l’annonce de la fermeture d’une usine historique de pneumatiques, synonyme de la suppression de neuf cents emplois. Cette nouvelle a assombri un peu plus le climat social, malgré les succès macroéconomiques mis en avant par le gouvernement, notamment la baisse significative d’une inflation qui reste néanmoins élevée. Cette stabilisation a été obtenue au prix d’une austérité budgétaire drastique et d’une contraction de la consommation, dans un marché du travail qui a perdu plusieurs centaines de milliers d’emplois depuis deux ans.

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