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La prison de Nîmes, un établissement au bord de la rupture

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Des conditions de détention indignes et une surpopulation chronique plongent détenus et personnel dans une situation intenable.

Au cœur de la maison d’arrêt de Nîmes, l’étroitesse des cellules et la promiscuité dominent le quotidien. Les détenus doivent tirer leurs matelas le long des murs pour pouvoir circuler, tandis que la chaleur étouffante rend les nuits interminables. Dans certaines cellules prévues pour deux personnes, jusqu’à six individus cohabitent, transformant chaque mètre carré en un espace de survie. Les douches, souvent délabrées et partagées entre plusieurs dizaines de personnes, ne sont accessibles que trois fois par semaine, même lors des pics de canicule.

Les responsables pénitentiaires reconnaissent sans détour la gravité de la situation. « Nous dérogeons à la loi en permanence », admet un cadre de l’administration, évoquant la présence systématique de matelas supplémentaires au sol, une pratique pourtant censée rester exceptionnelle. Malgré ces conditions, les tensions restent contenues, selon les surveillants, qui attribuent cette relative stabilité à une forme de résignation partagée entre détenus et personnel.

Les quartiers réservés aux jeunes détenus illustrent les défis logistiques et sécuritaires auxquels fait face l’établissement. Les rivalités entre quartiers nîmois obligent à une séparation stricte des détenus, compliquant encore davantage la gestion des espaces déjà saturés. Pourtant, malgré la surpopulation, l’établissement reste calme, un paradoxe qui interroge sur l’état d’esprit de ceux qui y vivent.

L’arrivée prochaine d’un nouveau bâtiment, censé offrir 130 cellules supplémentaires, suscite autant d’espoir que de scepticisme. Si certains y voient une opportunité de restaurer des conditions de détention plus dignes, d’autres craignent que cet agrandissement ne serve qu’à absorber l’afflux continu de nouveaux arrivants, sans résoudre le problème de fond.

Dans les couloirs de la prison, un écriteau tente de rappeler aux détenus de « oser la bonne humeur ». Une injonction qui sonne comme une gageure dans un environnement où la dignité humaine est mise à rude épreuve.

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