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Culture

La mémoire des Khmers rouges inscrite au patrimoine mondial

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Des survivants cambodgiens saluent une décision historique de l’Unesco, garante du devoir de mémoire.

L’inscription des principaux lieux de répression du régime khmer rouge au patrimoine mondial de l’Unesco a été accueillie avec émotion par les derniers témoins de cette période sombre. Parmi les sites classés figurent l’ancienne prison S-21, aujourd’hui musée Tuol Sleng à Phnom Penh, le mémorial de Choeung Ek et la prison M-13, symboles des exactions commises entre 1975 et 1979.

Chum Mey, l’un des rares rescapés de S-21, a exprimé sa satisfaction face à cette reconnaissance internationale. « C’est essentiel pour les générations futures », a-t-il déclaré, évoquant les sévices subis dans ce centre où périrent près de 15 000 personnes. Comme lui, de nombreux Cambodgiens voient dans cette décision un moyen de préserver la vérité historique et d’honorer les victimes.

Pour Khuon Sovann, octogénaire ayant perdu une dizaine de proches durant le génocide, cette démarche revêt une dimension personnelle. Venue se recueillir à Tuol Sleng, elle y a accompli des rites traditionnels en hommage à son beau-frère disparu. « Cette reconnaissance internationale donne du sens à notre souffrance », a-t-elle confié, soulignant l’importance de transmettre cette mémoire.

Norng Chanphal, interné enfant dans ce même lieu, y retourne quotidiennement pour y vendre ses mémoires et rendre hommage à sa mère, morte entre ces murs. Il espère que ce classement servira d’avertissement universel contre toute résurgence d’un système totalitaire. Les autorités cambodgiennes y voient quant à elles la consécration d’un long travail de réconciliation nationale, transformant des espaces de douleur en lieux de paix et de dignité.

Cette inscription intervient alors que le pays continue de se reconstruire, près d’un demi-siècle après les événements. Elle offre un cadre institutionnel pour perpétuer le souvenir des deux millions de victimes, soit un quart de la population de l’époque, disparues sous le joug des Khmers rouges.

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