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La Maison des mondes africains s’installe à Paris après un parcours semé d’embûches

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Un nouveau lieu culturel dédié aux cultures africaines et afro-descendantes ouvre ses portes dans la capitale française, porté par une ambition de rayonnement et de reconnaissance.

La Maison des mondes africains MansA a inauguré samedi son espace parisien, aboutissement d’un processus complexe marqué par de multiples défis. Cette institution pluridisciplinaire se présente comme un laboratoire culturel provisoirement installé dans d’anciens ateliers de confection du dixième arrondissement. Sa directrice générale, Elisabeth Gomis, ancienne journaliste et réalisatrice, affiche une détermination sans faille pour faire de ce projet une référence historique.

L’initiative s’inscrit dans le cadre de la diplomatie culturelle française en direction du continent africain, théorisée dans un rapport remis au chef de l’État en 2021. Si la genèse politique du projet est reconnue, la direction tient à souligner l’autonomie artistique et intellectuelle dont bénéficie l’institution. La Maison entend combler un manque persistant dans les relations culturelles entre la France et l’Afrique, soixante ans après les indépendances.

Le parcours vers l’ouverture n’a pourtant pas été linéaire. Le choix initial d’installer la structure à la Monnaie de Paris avait provoqué des résistances et des polémiques, menaçant un temps l’existence même du projet. Les difficultés se sont ensuite poursuivies sur le plan financier, dans un contexte de contraintes budgétaires. Le budget actuel, supporté par les ministères de la Culture et des Affaires étrangères, a dû être revu à la baisse, contraignant l’institution à des locaux plus modestes que prévu.

Pour son inauguration, l’artiste française Roxane Mbanga a conçu une scénographie transformant les huit cents mètres carrés disponibles en un salon hybride mêlant tapisseries, vidéos et photographies. L’accès gratuit aux espaces répond à une volonté d’ouverture large, tandis que la programmation future s’annonce éclectique, des littératures antillaises aux expressions musicales contemporaines.

La direction envisage désormais de développer le mécénat privé pour consolider le projet, tout en maintenant son exigence qualitative. L’ambition à long terme demeure l’expansion vers des espaces plus vastes, avec l’objectif affirmé de devenir l’équivalent pour l’Afrique de ce que représente l’Institut du monde arabe. Cette première étape matérialise selon ses promoteurs une réponse à une urgence culturelle et symbolique, offrant enfin une plateforme dédiée à la mise en lumière des créations afro-descendantes.

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