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Islamabad lance une offensive contre la pollution automobile

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Face à un smog hivernal persistant, les autorités pakistanaises durcissent les contrôles techniques et sanctionnent les véhicules les plus polluants dans la capitale, une ville autrefois réputée pour son cadre de vie.

Au volant de son poids lourd, Muhammad Afzal a été interpellé par les forces de l’ordre. Son infraction n’était pas liée à la circulation, mais aux épaisses volutes de fumée s’échappant de son pot d’échappement. Comme lui, des centaines d’automobilistes se voient désormais infliger des amendes, voire une immobilisation de leur véhicule, dans le cadre d’une campagne inédite de contrôle des émissions. Ces opérations, déployées à plusieurs points d’accès à la ville, visent à endiguer la dégradation alarmante de la qualité de l’air.

La situation devient particulièrement critique durant la saison froide. Un phénomène d’inversion thermique piège les polluants au niveau du sol, transformant régulièrement l’horizon de la capitale en un épais brouillard grisâtre. Si Islamabad était autrefois citée pour ses larges artères et ses espaces verts, son développement rapide a favorisé une dépendance accrue à l’automobile, dans un contexte où les alternatives de transport public restent limitées. Le parc automobile, souvent composé de modèles anciens et mal entretenus, est désigné comme la principale source des particules fines.

Les données récentes sont sans appel. Les concentrations de PM2,5, ces particules particulièrement nocives pour la santé respiratoire et cardiovasculaire, dépassent fréquemment les niveaux enregistrés dans les grandes métropoles industrielles du pays. Les moyennes annuelles excèdent de très loin les seuils recommandés par les instances sanitaires internationales. Un rapport d’un groupe de recherche local souligne que plus de la moitié de cette pollution est directement imputable au trafic routier.

Face à cette urgence, l’agence publique en charge de l’environnement a annoncé une série de mesures coercitives. Outre les sanctions, des stations d’inspection mobiles permettent aux conducteurs de faire vérifier leurs émissions. En cas de conformité, un certificat sous forme d’autocollant vert est délivré. Selon les autorités, plusieurs centaines de contraventions ont déjà été dressées et des dizaines de véhicules mis en fourrière en l’espace de quelques jours. L’objectif affiché est de refuser l’accès au centre-ville à tout véhicule non conforme.

Cette politique suscite des réactions contrastées parmi la population. Certains usagers, à l’image de Muhammad Afzal, dénoncent des contrôles qu’ils jugent arbitraires ou injustes, arguant du coût des réparations. D’autres citoyens, en revanche, appellent à des actions encore plus vigoureuses. Ils constatent avec amertume la transformation de leur cadre de vie et s’interrogent sur l’avenir, estimant que respirer un air sain constitue un droit fondamental, notamment pour les générations futures. La lutte contre le smog à Islamabad s’annonce comme un défi de longue haleine, mettant en balance des impératifs sanitaires, des réalités économiques et des habitudes de mobilité profondément ancrées.

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