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Frédéric Péchier, le fil rouge de deux cliniques dans une affaire d’intoxications présumées

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L’anesthésiste est jugé pour trente cas d’empoisonnements survenus entre 2008 et 2017, dont douze mortels. Son nom est le seul à figurer dans les effectifs des deux établissements concernés au moment des faits.

Devant la cour d’assises du Doubs, les enquêteurs ont décrit comment l’identification de Frédéric Péchier a constitué l’élément central permettant de relier plusieurs incidents survenus dans deux cliniques privées de Besançon. L’ancien anesthésiste, âgé de 53 ans, comparaît libre mais encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour une trentaine d’affaires d’intoxications présumées, sur une période s’étalant de 2008 à 2017. Douze des patients concernés sont décédés.

Les débats se sont notamment concentrés sur trois arrêts cardiaques survenus en 2009 à la Polyclinique de Franche-Comté, tous survenus lors d’anesthésies et médicalement inexpliqués. Les victimes, trois adultes âgés de 41 à 65 ans, ont survécu, bien que l’une d’entre elles soit décédée ultérieurement en 2023. Le docteur Jacques Pignard, anesthésiste référent de l’établissement, avait signalé des doutes quant à la survenue de ces trois incidents graves, les seuls enregistrés dans la clinique entre 2008 et 2016.

L’analyse d’une poche de perfusion utilisée pour l’une des interventions a révélé la présence de potassium à une concentration dix fois supérieure à la normale, ainsi qu’une quantité importante d’adrénaline. Saisie, la police judiciaire a alors rapproché ces événements d’un cas similaire survenu en 2008 à la clinique Saint-Vincent, qui avait entraîné le décès d’un patient. La comparaison des effectifs des deux établissements a fait émerger un nom commun, celui de Frédéric Péchier, qui avait exercé successivement dans les deux structures.

Initialement, les investigations n’avaient pas permis d’établir un lien direct, les enquêteurs estimant à l’époque que la contamination des poches ne pouvait survenir qu’en cours d’intervention. Or, le praticien n’était pas présent lors de deux des trois arrêts cardiaques. L’enquête avait été classée en 2012, bien que le parquet ait maintenu l’hypothèse d’un acte volontaire.

C’est en 2017, avec un nouveau cas suspect à la clinique Saint-Vincent, que les investigations ont repris. Une analyse rétrospective a montré qu’une perfusion pouvait être contaminée avant même le début de l’anesthésie. Selon les enquêteurs, cette découverte a permis de reconstituer un schéma cohérent, Frédéric Péchier ayant pu agir en amont pour se constituer, selon l’expression d’un officier de police, « le meilleur alibi du monde ». Les tensions professionnelles et personnelles au sein de la Polyclinique de Franche-Comté en 2009 sont également évoquées comme mobile possible. Le verdict est attendu pour le 19 décembre.

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