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Drame à Bordeaux : 30 ans de prison pour les meurtriers d’un adolescent
Un verdict lourd tombe après un procès marqué par les tensions entre quartiers rivaux et la douleur d’une famille endeuillée.
La justice girondine a rendu son verdict dans l’affaire du meurtre d’un jeune de 16 ans, tué par balle en janvier 2021 dans le quartier des Aubiers à Bordeaux. Les deux principaux accusés, Abdoulhadre Savane et Marwan Souane, âgés respectivement de 25 et 24 ans, ont écopé de 30 ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté des deux tiers. Un troisième homme, Yassine Salmi, reconnu coupable d’avoir conduit les tireurs, a été condamné à 25 ans de prison.
Le procès, particulièrement tendu, s’est déroulé dans un climat de défiance et de craintes. Plusieurs témoins ont refusé de s’exprimer, évoquant des menaces, tandis que les accusés ont maintenu leur innocence jusqu’au bout. Les débats ont mis en lumière une rivalité violente entre deux cités voisines, les Aubiers et Chantecrit, où des règlements de comptes répétés avaient précédé le drame.
Ce soir-là, Lionel, 16 ans, vendait des pâtisseries avec un ami lorsqu’un véhicule a brusquement stoppé à leur hauteur. Deux hommes masqués en sont sortis, armes automatiques à la main, et ont ouvert le feu sans sommation. L’adolescent a été tué sur le coup, tandis que trois autres mineurs et un adulte étaient blessés. Les enquêteurs ont établi un lien entre ce crime et une série d’affrontements antérieurs, dont une fusillade en mars 2019.
À l’annonce du verdict, les proches de la victime ont exprimé un soulagement mêlé de douleur. « La justice a fait son travail », a déclaré le beau-père du jeune homme, tout en appelant à l’apaisement. Du côté de la défense, les avocats ont annoncé leur intention de faire appel, contestant fermement les preuves retenues contre leurs clients.
L’affaire a également révélé les difficultés rencontrées par les enquêteurs : absence d’arme, de traces ADN ou de vidéosurveillance exploitables. Malgré ces obstacles, l’accusation s’est appuyée sur des éléments de téléphonie et des achats suspects – cagoules et gants en latex – effectués quelques heures avant les faits.
Ce drame rappelle une fois encore les conséquences tragiques des conflits entre bandes rivales, où la violence aveugle emporte des vies bien trop tôt. Le verdict, aussi sévère soit-il, ne ramènera pas Lionel, mais il marque un pas vers la reconnaissance de sa mémoire.
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