Culture
Calder, l’ingénieur de la grâce, investit la Fondation Louis Vuitton

Une exposition d’envergure célèbre le centenaire de l’arrivée en France de l’artiste américain, dévoilant l’étendue d’une œuvre placée sous le signe du mouvement et de la légèreté.
La Fondation Louis Vuitton consacre une rétrospective magistrale à Alexander Calder. À travers près de trois cents pièces, dont des sculptures, des peintures et des œuvres graphiques, le parcours retrace le cheminement de l’artiste qui fit du mouvement le principe même de sa création. Pour la première fois, certaines de ses compositions investissent également les espaces extérieurs du bâtiment conçu par Frank Gehry.
L’exposition, intitulée « Calder, rêver en équilibre », commémore un double anniversaire. Elle marque les cent ans de l’installation de l’Américain à Paris et les cinquante ans de sa disparition. C’est dans la capitale française que Calder, de formation ingénieur, se tourna vers la sculpture. Il y élabora ses premières pièces à partir d’objets du quotidien et de matériaux de récupération, donnant naissance à son célèbre « Cirque », une œuvre maîtresse présentée dans le cadre de l’événement.
Cette installation, prêtée de manière exceptionnelle, se compose de dizaines de figurines animées, façonnées dans le fil et le tissu. Elle incarne la philosophie artistique de Calder, pour qui l’art ne devait pas être statique. Cette conviction le conduisit à inventer les « mobiles », ces sculptures suspendues dont les éléments abstraits se meuvent dans un équilibre harmonieux et poétique, décrits par Marcel Duchamp comme une « pure joie de vivre ».
Le parcours met en lumière l’évolution stylistique de l’artiste, depuis ses premières recherches jusqu’à son adhésion à l’abstraction géométrique. Ses compositions, jouant avec les cercles, les tiges et les sphères, dialoguent avec des œuvres de ses contemporains, permettant de saisir la singularité de son langage au sein des avant-gardes du XXe siècle. L’exposition présente également ses « stabiles », des sculptures monumentales aux formes rigides et imposantes qui ont essaimé dans l’espace public à travers le monde.
Après son retour aux États-Unis en 1933, la France demeura une terre d’élection pour Calder, qui y acquit une propriété. Cette rétrospective rend hommage à l’inventivité radicale d’un artiste ayant transformé des matériaux modestes en une poésie du mouvement, dont la résonance reste intacte.

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