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Le Népal bascule vers une nouvelle ère politique

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_**Le parti du maire de Katmandou, l’ancien rappeur Balendra Shah, décroche une majorité absolue historique à l’issue des législatives, scellant la déroute des formations traditionnelles.**_

Les résultats définitifs des élections législatives du 5 mars, proclamés jeudi par la commission électorale, consacrent une recomposition majeure du paysage politique népalais. Le Rastriya Swatantra Party (RSP), formation centriste portée par la figure du maire de la capitale, Balendra Shah, a remporté une écrasante majorité à la Chambre des représentants. Avec 182 sièges sur 265, le mouvement s’ouvre la voie vers la direction du gouvernement.

Ce succès sans précédent marque l’avènement d’une nouvelle génération aux commandes du pays, face à un effondrement des partis historiques. Le Congrès népalais, pilier des coalitions au pouvoir depuis la fin de la monarchie en 2008, n’a obtenu que 38 sièges. Le Parti communiste de l’ancien Premier ministre KP Sharma Oli en a décroché 25, confirmant le rejet par l’électorat, notamment jeune, des élites traditionnelles.

Balendra Shah, âgé de 35 ans, devrait être désigné prochainement au poste de Premier ministre. Musicien populaire devenu édile de Katmandou en 2022 après une campagne menée essentiellement sur les réseaux sociaux, il incarne les aspirations au renouveau. Son parti avait rejoint la mouvance du RSP, fondé par l’animateur de télévision Rabi Lamichhane. Lors du scrutin, il a directement affronté et battu M. Oli dans sa propre circonscription du sud-est, un symbole fort de ce changement d’époque.

La victoire du RSP intervient dans un contexte de profonde défiance envers la classe politique, exacerbée par les manifestations de septembre dernier. Un mouvement de protestation, né en ligne et porté par la jeunesse contre la corruption et le chômage, avait alors contraint le gouvernement à la démission après des affrontements meurtriers. Le scrutin de mars apparaît ainsi comme la traduction électorale de cette exigence de rupture.

La commission électorale doit à présent valider la répartition des sièges supplémentaires attribués à la proportionnelle, une formalité attendue dans les prochains jours. La nomination officielle du futur chef du gouvernement interviendra ensuite, après la transmission des résultats au président de la République. Le pays, désormais tourné vers cette équipe issue de la société civile, attend des actes concrets pour répondre aux défis économiques et sociaux.

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