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Balaruc-les-Bains : Les Nieux comment un terrain à 25.000€ pourrait en valoir 3M€

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Balaruc-les-Bains Les Nieux comment un terrain à 25.000€ pourrait en valoir 3M€

Derrière le projet d’aménagement des Nieux, un terrain concentre à lui seul une série de décisions administratives, techniques et financières difficiles à comprendre pour les habitants. La parcelle cadastrée AO n°170 n’est pas seulement un bout de foncier. Elle est devenue, au fil des années, le point autour duquel s’organise une grande partie du projet. Pour mesurer les enjeux, encore faut-il comprendre les règles, les choix opérés… et ce qu’ils impliquent concrètement.

À première vue, le projet des Nieux s’inscrit dans un objectif classique de développement urbain. Une commune contrainte géographiquement, une pression démographique réelle, un besoin affiché de logements, notamment sociaux. Sur le papier, rien d’exceptionnel. Pourtant, dès que l’on s’intéresse à la genèse du projet, une singularité saute aux yeux. Une seule parcelle, la AO 170, suit une trajectoire différente de toutes les autres.

Avant d’entrer dans l’histoire de cette parcelle et les chiffres, un rappel s’impose. Une commune comme Balaruc-les-Bains ne peut pas urbaniser n’importe où, ni n’importe comment. Le Plan local d’urbanisme, le PLU, fixe des zones. Certaines sont déjà urbanisées. D’autres sont destinées à l’être plus tard, de manière encadrée, souvent sous forme de ZAC, une zone d’aménagement concerté. Dans une ZAC, la collectivité maîtrise le foncier, organise les voiries, les réseaux, impose des règles communes et répartit les coûts. C’est un outil pensé pour l’intérêt général.

Jusqu’en 2017, le secteur des Nieux obéissait à cette logique. Tous les terrains non bâtis, y compris la parcelle AO 170, étaient classés en zone destinée à une urbanisation future collective. La commune avait même mandaté l’Établissement public foncier de l’Hérault pour acquérir les parcelles, en vue d’un aménagement d’ensemble intégrant du logement social. Autrement dit, la parcelle AO 170 devait faire partie du projet commun.

C’est là que le parcours de ce terrain devient singulier. En 2017, lors de l’adoption du nouveau PLU, la parcelle AO 170 est la seule à être sortie du périmètre de la future ZAC. Elle est reclassée en zone UD, une zone dite « urbanisée », censée être déjà équipée et constructible. Le reste du secteur devient zone AUb et support officiel de l’OAP des Nieux. Une seule parcelle, sur plus de six hectares, change de régime. Sans justification claire, sans explication consignée noir sur blanc. C’est un problème.

Document 1 Document 2

Pour bien comprendre l’enjeu, il faut saisir ce que cela change. Une parcelle en zone UD peut, en théorie, être raccordée aux réseaux existants ou futurs sans supporter les mêmes contraintes financières qu’un terrain intégré à une ZAC. Or, la parcelle AO 170 n’est pas desservie par les réseaux, n’a pas d’assainissement gravitaire, pas de voirie conforme. Elle ne correspond pas aux critères techniques d’une zone urbanisée. Cette décision est absurde et forcément suspecte. Selon nos informations, cette incohérence a été signalée par une note interne de 2018 que nous avons pu consulter. L’alerte n’a pas été suivie d’effet par Gérard Canovas.

À partir de là, le projet des Nieux évolue autour de cette anomalie. Les voiries et les réseaux prévus dans le cadre de l’opération passent à proximité immédiate de la parcelle. Des emplacements réservés sont créés. Une servitude de localisation apparaît plus tard dans le PLU projeté. Officiellement, il s’agit de contraintes. Dans les faits, ces dispositifs ouvrent la voie à un désenclavement du terrain et à son équipement par des infrastructures financées par la collectivité.

Un élément factuel mérite d’être porté à la connaissance du public. La parcelle AO 170 appartient à un transporteur sétois bien connu sur le bassin de Thau. Selon nos informations, ce propriétaire aurait visité la mairie en 2012, accompagné du maire, Gérard Canovas. Plusieurs agents municipaux affirment l’avoir vu à cette occasion. Après cette visite, il ne serait plus jamais revenu officiellement à la mairie. Pourtant, au fil des années, l’évolution du projet d’urbanisme n’a cessé d’aller dans le sens de la valorisation de sa parcelle.

C’est ici que les chiffres permettent de mesurer concrètement les enjeux. Si la parcelle était restée dans le périmètre de la ZAC, sa valeur aurait été celle d’un terrain destiné à une opération publique. Les estimations évoquent un prix de l’ordre de 50 € le mètre carré, soit environ 317 000 € pour l’ensemble du terrain du transporteur sétois. En étant reclassée en zone UD, la valeur théorique du terrain brut grimpe fortement. Des estimations prudentes la situent autour de 300 € le mètre carré, soit près de 1,9 million d’euros pour l’ensemble du terrain.

Mais le scénario le plus avantageux apparaît lorsque l’on intègre les effets indirects des choix opérés. Avec le désenclavement financé par la collectivité, la création de voiries, de réseaux et la cession partielle de terrain à la commune, la surface réellement valorisable resterait d’environ 5 000 mètres carrés. Dans ce cas, une vente de lots, par exemple à 600 € le mètre carré, permettrait d’atteindre un produit global proche de 3 millions d’euros. Après déduction des frais secondaires, le gain potentiel net reste estimé à plus de 2,7 millions d’euros pour le transporteur sétois. À comparer aux quelques centaines de milliers d’euros qu’aurait représenté une cession dans un cadre public classique.

Ces montants ne constituent pas des preuves pénales. Ils donnent en revanche une mesure des intérêts en jeu. Pendant que la collectivité financerait voiries, réseaux et équipements, un opérateur privé pourrait bénéficier d’une valorisation exceptionnelle, sans supporter les contraintes habituelles liées à une ZAC.

C’est cette singularité qui alimente aujourd’hui l’incompréhension et la colère des riverains face à ce projet. Pourquoi une seule parcelle a-t-elle été extraite du périmètre initial ? Pourquoi ce classement, en contradiction apparente avec sa réalité physique, a-t-il été maintenu malgré une note interne ? Et surtout, à qui profite cette décision ? Plus directement, qui mange derrière cette opération ?

Ces questions ne relèvent ni du procès d’intention ni de la polémique politique. Elles constituent le cœur même de l’enquête. Car si la parcelle AO 170 n’avait pas suivi cette trajectoire à part, le projet des Nieux aurait sans doute conservé une cohérence d’ensemble. En devenant une exception, elle en est devenue la clé de voûte. Celle sur laquelle repose aujourd’hui l’équilibre, mais aussi la fragilité, de toute l’opération.

Face à notre enquête aussi précise, la seule réponse possible de la majorité socialiste devrait être la transparence. Or, depuis six ans, les demandes d’explication se heurtent trop souvent au silence ou à la mise en cause de ceux qui questionnent. Mais une municipalité ne se gère ni dans la crispation ni dans la communication unilatérale. Elle se gère dans la clarté des décisions et l’acceptation du contradictoire. Sur un dossier aussi engageant pour l’avenir du territoire, les habitants sont en droit d’exiger autre chose que des éléments de langage et des mensonges la majorité sortante socialiste.

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2 Commentaires

1 Commentaire

  1. VHS

    2 mars 2026 at 18 h 19 min

    Wouahhhh ! Chapeau. C’est ça du journalisme. Merci 🙏
    Canovas escroc

  2. AVIS

    2 mars 2026 at 22 h 01 min

    Un fort joli cadeau de la Mairie à ce transporteur sétois !

    Dans ce quartier ce que j’apprécie le plus quand je promène mon chien c’est cet

    AVIS
    Cette usine est d’un âge respectable, et la décision de son
    installation fut prise, il y a plus de 60 ans, alors que la campagne
    environnante était vierge de constructions à plusieurs centaines de
    mètres à la ronde, et que venait de se créer une zone industrielle.
    C’est donc en 1924, qu’elle fut achevée au lieu-dit
    « BALARUC LES USINES ». Elle fut spécialisée depuis son origine
    dans le traitement physique des minerais. Il s’agit d’une industrie
    lourde, qui comme toujours dans ce type d’activités, ne peut éviter
    tous les aléas qui lui sont inhérents, tels des émissions accidentelles
    (et rares) de poussières, ou de bruits dont la source est plus difficile
    à maitriser.
    Malgré les efforts constants de nos services à cet égard, il en
    résulte malheureusement pour l’entourage des inconvénients qui
    sont particulièrement ressenties en période estivale par ceux-là qui
    se sont installés récemment souvent avec la promesse de voir notre
    industrie disparaitre rapidement.
    L’inconfort que constitue la proximité d’une grosse usine est,
    à notre regret, la rançon de la promiscuité d’une zone appelée « à
    faible densité de population » avec une zone industrielle, qui s’est
    trouvée elle-même un peu rapidement réduite, ne laissant aucune
    place à une zone « tampon » comme nous l’avions demandé.
    Cette usine réunit une quarantaine de familles, et donne du
    travail à bon nombre d’entreprises de la région. Plus de 70% de sa
    production sont destinés à l’exportation ; elle apporte ainsi à ce
    pays de précieuses devises. De nouveaux développements sont
    attendus et nous espérons que de nouvelles extensions pourront
    contribuer, dans un futur pas trop éloigné, à augmenter le nombre
    de nos collaborateurs, participant ainsi à la prospérité de la ville
    de BALARUC LES BAINS.

    Cet AVIS affiché sur la clôture de l’usine date donc de 1924 + 60 = 1984 environ, et c’est à la fois fort bien écrit et tout à fait d’actualité dans le cadre de ce projet d’aménagement des Nieux.

    Je recommande vivement d’afficher aussi cet AVIS sur tous les accès présents et futurs du projet des Nieux, et de l’annexer à tous les actes notariés à venir !!!

    Chapeau bas à l’auteur de ce texte, s’il me lit 🙂

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