Économie
L’Union européenne ajuste sa fiscalité carbone pour préserver la compétitivité des agriculteurs

Face aux tensions qui traversent le monde agricole, Bruxelles a décidé d’atténuer significativement l’impact de son mécanisme d’ajustement aux frontières sur les importations d’engrais. Cette mesure exceptionnelle vise à éviter une pression supplémentaire sur les coûts de production.
La Commission européenne a annoncé un aménagement substantiel de l’application de sa taxe carbone aux frontières pour le secteur des engrais. Cette décision, présentée comme une réponse aux difficultés économiques rencontrées par les agriculteurs, consiste à appliquer un taux minimal de majoration, fixé à seulement un pour cent, sur la valeur par défaut utilisée pour calculer les émissions de dioxyde de carbone.
Ce traitement diffère notablement de celui prévu pour les autres secteurs couverts par le mécanisme, tels que l’acier ou le ciment, qui seront soumis à des majorations progressivement plus élevées dans les années à venir. L’exécutif européen estime que l’incidence sur le prix final des engrais importés sera ainsi très limitée, se répartissant entre les différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement.
L’objectif affiché est de prévenir toute hausse significative des coûts pour les exploitants au moment de l’acquisition et du stockage de ces intrants essentiels. Cette approche vise à concilier les impératifs de la transition écologique, incarnés par le mécanisme d’ajustement carbone, avec la nécessité de maintenir la compétitivité d’un secteur agricole déjà sous tension.
Parallèlement, Bruxelles réaffirme la finalité première de son dispositif, qui est de protéger les industries européennes contre une concurrence jugée déloyale de la part d’opérateurs étrangers non soumis à des contraintes environnementales équivalentes. Le secteur européen de la fertilisation bénéficiera par ailleurs d’un soutien spécifique via un fonds dédié à la décarbonation.
Cette announce intervient dans un contexte où les organisations agricoles s’étaient élevées contre l’inclusion des engrais dans le périmètre de la taxe, craignant un renchérissement des charges. Elles pointaient notamment le cumul avec les mesures restrictives déjà appliquées aux importations en provenance de Russie.

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