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Culture

La Chine durcit sa censure contre les romances homosexuelles écrites par des femmes

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Ces récits érotiques entre hommes, très populaires en Asie, sont désormais traqués par les autorités chinoises au nom de la lutte contre l’obscénité.

Le phénomène littéraire du « boys’ love » (BL), ces histoires d’amour entre hommes destinées principalement à un public féminin, fait face à une répression accrue en Chine. Ces œuvres, souvent produites par des autrices hétérosexuelles, bousculent les normes traditionnelles et offrent une rare visibilité aux thématiques LGBT+. Mais les autorités chinoises y voient une menace pour l’ordre moral.

Ces derniers mois, des dizaines d’écrivaines ont été interpellées, notamment celles publiant sur des plateformes comme Haitang Literature City. Accusées de diffuser des contenus obscènes, certaines risquent des peines allant jusqu’à dix ans de prison. Les critères juridiques restent flous : une œuvre peut être incriminée si elle dépasse 10 000 vues ou génère plus de 50 000 yuans (environ 6 000 euros) de revenus. Pourtant, beaucoup d’autrices concernées ne tirent que des revenus dérisoires de leur activité.

La police chinoise étend parfois ses investigations bien au-delà de son ressort territorial. Des officiers ont parcouru des milliers de kilomètres pour interroger des suspectes, exigeant parfois le remboursement intégral de leurs gains sous peine de sanctions aggravées. Ces méthodes, dénoncées comme abusives par des avocats, s’inscrivent dans un contexte plus large de restriction des libertés sous la présidence de Xi Jinping.

Bien que l’homosexualité ait été dépénalisée en 1997, les discriminations persistent et le mariage gay reste interdit. Les adaptations télévisées de romans BL sont souvent expurgées de toute référence explicite à l’homosexualité, transformant les amants en simples camarades. Malgré la censure, certains auteurs continuent d’écrire clandestinement, voyant dans cette résistance une forme d’émancipation.

Pour les défenseurs des droits LGBT+, cette répression reflète une volonté de contrôler non seulement l’espace public, mais aussi la sphère privée. Face aux risques, de nombreux internautes ont supprimé leurs comptes sur les plateformes concernées. Pourtant, malgré la peur, certains y voient paradoxalement un signe de prise de conscience collective, une résistance silencieuse à l’oppression étatique.

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