Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

Venezuela rompt ses accords gaziers avec Trinité-et-Tobago après une saisie de pétrolier

Article

le

Caracas accuse son voisin insulaire d’avoir facilité une opération maritime américaine, qualifiée d’acte de piraterie, et dénonce dans la foulée le renouvellement des sanctions européennes.

Le gouvernement vénézuélien a annoncé la suspension immédiate de tous ses contrats d’approvisionnement en gaz naturel avec Trinité-et-Tobago. Cette décision fait suite à des accusations portées contre l’archipel, que Caracas tient pour complice de la saisie d’un pétrolier transportant du brut vénézuélien par les États-Unis le mois dernier. La vice-présidente Delcy Rodríguez a affirmé que son pays détenait des preuves de cette implication, décrivant l’interception du navire comme une violation grave du droit international et des principes régissant la navigation et le commerce.

La Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, a rejeté ces allégations. Elle a indiqué que son gouvernement n’avait pas été perturbé par ces déclarations et a suggéré au Venezuela de porter directement ses griefs auprès de l’administration américaine. Elle a par ailleurs assuré que son pays ne dépendait pas des approvisionnements gaziers vénézuéliens, soulignant l’existence de réserves nationales suffisantes. Dans le même temps, les autorités trinidadiennes ont accordé aux États-Unis l’autorisation d’utiliser leurs aéroports pour des mouvements logistiques dans les semaines à venir.

Cette crise diplomatique intervient dans un contexte de tensions régionales persistantes. Washington a considérablement renforcé sa présence militaire dans les Caraïbes ces derniers mois, officiellement dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic. Caracas y voit une manœuvre destinée à déstabiliser le président Nicolás Maduro et à prendre le contrôle des vastes ressources pétrolières du pays. Les relations entre Port-d’Espagne et Caracas se sont nettement dégradées depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuelle Première ministre, connue pour ses positions alignées sur Washington.

Parallèlement, l’Union européenne a décidé de proroger d’un an son régime de sanctions visant soixante-neuf personnalités vénézuéliennes. Bruxelles justifie cette mesure par la persistance d’atteintes à la démocratie et aux droits de l’homme dans le pays. Le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a vivement condamné cette décision, la qualifiant d’illégitime et d’illégale, tout en dénonçant ce qu’il perçoit comme le déclin politique de l’Union.

Sur le plan intérieur, la compagnie pétrolière nationale PDVSA a fait état d’une cyberattaque attribuée à des intérêts étrangers, tout en assurant que ses opérations n’avaient pas été affectées. Par ailleurs, des organisations de défense des droits humains ont signalé l’arrestation d’un cadre de l’opposition, un fait qui s’inscrirait, selon elles, dans une campagne systématique de répression.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus