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Une journaliste philippine condamnée pour terrorisme après six ans de détention

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La condamnation à une peine de prison de la reporter Frenchie Mae Cumpio, pour financement du terrorisme, suscite une vive indignation parmi les organisations de défense des droits humains et des médias, qui dénoncent une instrumentalisation de la justice.

Le tribunal régional de Tacloban a rendu son verdict jeudi. La journaliste et animatrice radio Frenchie Mae Cumpio, ainsi que son ancienne colocataire Marielle Domequil, ont été reconnues coupables d’avoir financé des activités terroristes. Les deux femmes, en détention provisoire depuis près de six ans, écopent d’une peine d’emprisonnement dont la durée minimale est fixée à douze ans et cinq mois. À l’annonce du jugement, les prévenues ont éclaté en sanglots dans la salle d’audience.

Les magistrats se sont dits convaincus par les déclarations d’anciens rebelles communistes. Ces témoins ont affirmé que les accusées avaient procuré des fonds, des armes et du matériel à la Nouvelle Armée populaire, une organisation insurgée. La région de Samar-Leyte, où se situe Tacloban, reste l’un des derniers foyers de cette guérilla historique aux Philippines.

La défense de Frenchie Mae Cumpio conteste fermement ces accusations. Ses avocats estiment que leur cliente est victime d’une manœuvre d’intimidation courante, connue sous le nom d’« étiquetage rouge ». Cette pratique viserait à discréditer et à réduire au silence les voix critiques en les associant abusivement à la rébellion communiste. Me Norberto Robel a immédiatement annoncé son intention de faire appel de cette décision, tout en poursuivant une demande de libération sous caution.

L’arrestation des deux femmes remonte à février 2020, initialement pour possession illégale d’armes. Ces charges ont finalement été abandonnées ce jeudi. En revanche, les poursuites pour financement du terrorisme, engagées un an après leur incarcération, ont été retenues. Elles encouraient jusqu’à quarante années de réclusion.

Cette affaire est observée avec une grande attention par la communauté internationale. Plusieurs organismes de défense des libertés fondamentales ont exprimé leur profonde préoccupation. Le Comité pour la protection des journalistes a qualifié le verdict d’absurde, y voyant la preuve que les engagements officiels en faveur de la liberté de la presse restent lettre morte. Une experte indépendante des Nations unies avait précédemment évoqué une parodie de justice, suggérant que les charges retenues contre la journaliste pourraient constituer des représailles liées à son travail d’information.

Devant le tribunal, les forces de l’ordre ont contenu un rassemblement de soutien, empêchant l’accès à l’enceinte judiciaire. La mère de la journaliste figurait parmi les personnes présentes.

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