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Une dirigeante de salon parisien face à la justice pour exploitation humaine

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Le parquet a demandé une peine de quatre ans d’emprisonnement ferme contre la gérante d’un établissement de massage, poursuivie pour traite d’êtres humains et emploi dissimulé, tandis que sa fille écope d’une requête d’un an avec sursis pour complicité.

L’affaire remonte à la plainte déposée par deux anciennes employées recrutées en Thaïlande. Selon leurs déclarations, la prévenue les aurait contactées via des groupes Facebook en 2023 avant de organiser leur venue en France moyennant des frais de plusieurs milliers d’euros. À leur arrivée, elles auraient été contraintes de rembourser cette somme par des retenues sur salaire tout en étant logées dans des conditions précises, parfois à même le sol du salon.

Les témoignages concordent sur les pressions exercées pour obtenir des prestations à caractère sexuel. L’une des plaignantes a rapporté qu’un refus de pratiquer un acte sexuel lui avait valu une amende de 500 euros prélevée sur sa rémunération. La direction lui aurait également retiré ses clés et menacé son compagnon. Une autre employée a confirmé que les masseuses réticentes voyaient leur temps de travail réduit de manière significative.

L’avocate des parties civiles a dénoncé un système typique de traite humaine, soulignant les différentes étapes du processus, du recrutement au transfert en passant par l’hébergement. Elle a également pointé du doigt un climat de contrôle marqué par la présence de caméras de surveillance et des messages insistants rappelant aux employées leur dette morale envers leur employeuse.

Outre les faits d’exploitation, la prévenue est accusée d’avoir employé de manière dissimulée vingt-cinq salariées au cours des cinq dernières années, ainsi que d’avoir fait travailler des personnes en situation irrégulière. Lors de son audition, elle a justifié ces pratiques par la volonté d’éviter des charges sociales trop élevées.

Cette affaire n’est pas la première du genre pour l’intéressée, déjà condamnée en 2015 à deux ans d’emprisonnement et 1,5 million d’euros d’amende pour des infractions similaires. Le salon concerné par la présente affaire a été fermé administrativement depuis le printemps dernier.

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