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Politique

Serge Letchimy confronté à la justice pour son départ en retraite

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L’élu martiniquais comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris pour des irrégularités présumées dans les conditions de sa cessation d’activité, tandis qu’il occupait son mandat parlementaire.

Le procès de Serge Letchimy s’est ouvert lundi devant la juridiction parisienne. Le parlementaire socialiste, figure majeure de la vie politique antillaise, doit répondre de accusations de recel de détournement de fonds publics. Cette affaire concerne les modalités de son départ à la retraite intervenu au premier trimestre 2016, alors qu’il exerçait les fonctions de député de la troisième circonscription de Martinique.

Le parquet national financier considère que l’élu a indûment retrouvé son poste d’ingénieur territorial auprès de la mairie de Fort-de-France pour bénéficier d’un départ anticipé. Cette réintégration temporaire, qui aurait enfreint le principe de séparation des mandats, aurait engendré des dépenses publiques évaluées à 34 000 euros en salaires et charges sociales. La justice lui reproche également d’avoir perçu près de 164 000 euros d’indemnités de départ et de pensions entre 2016 et 2019.

Aux côtés du parlementaire septuagénaire comparaissent le maire de Fort-de-France Didier Laguerre, son premier adjoint et l’ancien directeur général des services de la collectivité. Les débats doivent se poursuivre jusqu’à jeudi, exposant le leader politique à une possible déclaration d’inéligibilité, dans un contexte où il travaille activement aux transformations institutionnelles de son territoire.

Héritier politique d’Aimé Césaire, Serge Letchimy a bâti une carrière publique remarquable. Successivement maire de la préfecture martiniquaise, président de l’exécutif régional puis de la Collectivité territoriale, il s’est imposé comme un orateur redouté au Palais-Bourbon. Son intervention mémorable en 2012 face au ministre de l’Intérieur Claude Guéant avait provoqué la sortie collective de la majorité gouvernementale, un événement rare sous la Cinquième République.

Urbaniste de formation, l’élu avait antérieurement marqué les esprits comme rapporteur d’une loi sur l’habitat indigne et pour son rôle dans la réhabilitation du quartier Texaco, immortalisé dans l’œuvre de Patrick Chamoiseau. Cette procédure judiciaire intervient à un moment crucial de son engagement politique, alors qu’il participe activement à la redéfinition du cadre institutionnel martiniquais.

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