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Société

L’hégémonie du PPM vacille à Fort-de-France

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Le parti historique d’Aimé Césaire, au pouvoir depuis 66 ans, affronte une conjonction inédite de défis judiciaires et politiques à l’approche du scrutin municipal. Sa mainmise sur la capitale martiniquaise n’a jamais paru aussi incertaine.

La perspective d’une alternance se dessine dans la ville préfecture. Une coalition hétéroclite, baptisée « Démaré Fodfwans », rassemble des formations de gauche et indépendantistes autour de la figure de Francis Carole. Ce dernier mise sur une lassitude de l’électorat et sur le ralliement de la députée socialiste Béatrice Bellay, dont la victoire aux législatives de 2024 a déjà privé le PPM de représentation parlementaire. Pour ses promoteurs, cette alliance transcende les clivages traditionnels autour de causes communes, telles que la question du chlordécone ou la revendication d’autodétermination.

Le maire sortant, Didier Laguerre, se présente quant à lui en restaurateur des finances publiques locales, pointant le retour à l’excédent budgétaire après des années de déficit. Cet argument économique pourrait compter face à un électorat traditionnel. Cependant, cette posture est contrariée par des poursuites judiciaires pour recel de détournement de fonds publics, malgré une première relaxe, et par des critiques sur la dégradation du cadre de vie, l’exode des habitants et les difficultés des services publics.

Un troisième pôle, issu de la contestation sociale contre la vie chère, tente de capitaliser sur le mécontentement populaire. Porté par Steeve Moreau et le collectif RPPRAC, il promeut une « démocratie participactive » et cherche à transformer l’énergie des mouvements de rue en succès électoral. Cette offre vient fragmenter davantage un paysage oppositionnel déjà éclaté, où figurent également des listes soutenues par des élus indépendantistes ou d’obédience trotskiste.

Dans ce contexte, le scrutin pourrait se jouer sur la capacité de l’électorat à se mobiliser. Le taux d’abstention, historiquement très élevé dans la commune, constitue la variable décisive. La division des forces adverses pourrait, in fine, profiter au sortant en empêchant l’émergence d’une alternative claire et unifiée capable de rassembler le vote protestataire. L’héritage césairien, pour la première fois, est soumis à un stress test électoral sans précédent.

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