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L’étouffement carcéral au cœur de Nanterre

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Derrière les murs du centre pénitentiaire des Hauts-de-Seine, la promiscuité extrême et la dégradation des lieux illustrent une crise systémique. La surpopulation atteint des niveaux critiques, affectant profondément le quotidien des personnes incarcérées et le travail des équipes.

Cinq hommes se partagent un espace de onze mètres carrés, conçu initialement pour deux. L’air est confiné, la lumière peine à filtrer. Dans cet environnement exigu, un matelas posé à même le sol sert de couche pour la nuit, la tête d’un occupant frôlant le réfrigérateur. Les sanitaires, à peine dissimulés, présentent des fuites, tandis que des moisissures tapissent les fenêtres. Pour lutter contre le froid et l’humidité, certains détenus laissent une plaque de cuisson allumée, transformant une poêle vide en radiateur de fortune.

Cette réalité, observée récemment, n’est pas un cas isolé au sein de l’établissement pénitentiaire de Nanterre. Des cellules encore plus réduites hébergent trois individus dans des conditions similaires. L’atmosphère est saturée par une télévision constamment en marche, les nuits sont hachées, et le temps s’écoule au rythme de discussions répétitives ou de parties de cartes, sources potentielles de friction. L’insalubrité persiste, avec la présence d’insectes, malgré des travaux récents ayant permis, selon la direction, d’éloigner les rongeurs.

Le répit se limite à deux heures de promenade quotidienne, ponctuées par quelques douches hebdomadaires et des parloirs dans des cabines vitrées. L’occupation dépasse systématiquement les deux cents pour cent de la capacité théorique, atteignant parfois des pics encore plus élevés. Cette densité rend toute vie digne et tout travail d’accompagnement particulièrement ardu.

Les personnels, dont l’engagement est officiellement salué, font face à une situation de plus en plus ingérable. L’absentéisme, révélateur d’un épuisement général, atteint des niveaux significatifs. Les conseillers chargés de la préparation à la réinsertion gèrent un nombre de dossiers bien supérieur aux recommandations, compromettant la qualité du suivi. Plusieurs postes essentiels restent vacants, limitant d’autant les actions possibles.

La direction de l’établissement reconnaît une incapacité structurelle à remplir simultanément les trois missions assignées à la prison, à savoir la sanction, la protection de la société et la prévention de la récidive. Dans ce contexte de tension permanente, les demandes des détenus, qu’elles concernent la santé ou des activités, peinent à trouver une réponse, alimentant un sentiment d’abandon et d’injustice au sein de la population carcérale.

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