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L’étouffante réalité des prisons françaises en période de canicule

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Dans l’enfer climatique des cellules surpeuplées, détenus et surveillants improvisent des solutions de fortune pour supporter des températures extrêmes.

Au centre pénitentiaire de Toulouse-Seysses, l’été transforme les lieux de détention en fournaises. Les détenus, confrontés à des températures avoisinant les 38 degrés, rivalisent d’ingéniosité pour atténuer l’effet de la chaleur. Ventilateurs positionnés à chaque angle, linge humide suspendu aux barreaux, les stratagèmes se multiplient pour créer un semblant de fraîcheur dans des cellules conçues pour deux mais souvent occupées par trois personnes.

L’établissement, dont le taux d’occupation dépasse les 200 %, illustre les défis structurels du système carcéral français. La promiscuité, associée à la chaleur estivale, exacerbe les tensions. Les incidents deviennent plus fréquents, selon le personnel pénitentiaire, pour qui chaque journée représente un équilibre précaire entre gestion des conflits et maintien des conditions de sécurité.

Les détenus, conscients des limites du système, ne réclament pas l’impossible. « Personne n’espère la climatisation, mais un peu plus d’espace ou une meilleure ventilation changerait tout », confie l’un d’eux. Les rares moments en extérieur, sous un soleil de plomb et sans ombre, constituent une échappatoire relative. Des brumisateurs sont prévus pour l’an prochain, une mesure jugée insuffisante face à l’urgence actuelle.

La direction a distribué bouteilles d’eau et ventilateurs aux plus vulnérables, une réponse ponctuelle à un problème récurrent. Dans les quartiers féminins, où le surpeuplement atteint aussi des niveaux critiques, les détenues décrivent des nuits interminables sur des matelas posés à même le sol bétonné. L’absence de solution pérenne laisse entrevoir une saison estivale particulièrement éprouvante pour l’ensemble de la population carcérale.

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