Économie
Les jumeaux Diakité, pionniers de la révolution chocolatière ivoirienne
Au cœur de la Côte d’Ivoire, deux frères transforment l’économie du cacao en créant une filière d’excellence qui valorise localement la précieuse fève.
Dans une usine moderne de Divo, le bourdonnement des machines accompagne la métamorphose des fèves de cacao en tablettes et pâtes à tartiner. Fousseni et Alahassane Diakité, jumeaux de trente-trois ans, ambitionnent d’incarner le renouveau industriel du premier producteur mondial de cacao. Leur installation, ouverte en août dernier dans leur ville natale, s’inscrit dans une région où l’économie repose largement sur cette culture.
La Côte d’Ivoire, bien que dominant le marché mondial, ne transforme sur place qu’une part limitée de sa récolte. Les frères Diakité entendent inverser cette tendance grâce à une unité capable de traiter trente-six mille tonnes de fèves, avec pour objectif d’atteindre quatre-vingt mille tonnes. Une ambition qui les place encore loin des géants internationaux, mais qui symbolise une volonté nouvelle de création de valeur ajoutée locale.
Le processus de transformation suit un parcours méticuleux. Les fèves, stockées dans des sacs de jute, subissent torréfaction, égrainage et broyage dans des ateliers où l’arôme du chocolat embaume l’air. Les entrepreneurs mettent en avant la qualité de leurs produits et leur histoire personnelle comme atouts majeurs. « Nous sommes les purs produits du cacao ivoirien », souligne Fousseni Diakité, fils de producteur, pour qui cette entreprise réalise un rêve longtemps caressé.
Leur parcours entrepreneurial a commencé par la création d’une union de coopératives regroupant plus de quatre mille producteurs. Puis est venue une première société valorisant les résidus non comestibles de la cabosse pour les industries pharmaceutique et cosmétique. Une seconde entreprise s’est consacrée à la transformation alimentaire du cacao. Cette diversification s’appuie sur des compétences complémentaires. Alahassane a suivi un cursus en management à Abidjan et se perfectionne à HEC Paris, tandis que Fousseni acquiert des formations pratiques en agronomie.
Leur stratégie commerciale combine exportation pour les produits cosmétiques et vente locale pour les chocolats de dégustation. Leur politique tarifaire se veut disruptive. Leurs tablettes sont proposées à mille deux cents francs CFA, soit près de trois fois moins que les marques européennes présentes sur le marché local. La pâte à tartiner atteint le prix symbolique de cent francs. Les frères insistent sur l’éthique de leur production, garantissant une traçabilité intégrale et le recours aux énergies renouvelables pour faire fonctionner leurs installations.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la transformation locale reste insuffisante malgré l’importance du cacao dans l’économie nationale. Le secteur représente cinq millions d’emplois, soit un sixième de la population ivoirienne. Des producteurs comme Kanga Prudence N’Guessan ou Harouna Ouattara saluent cette évolution, regrettant que la valeur ajoutée soit souvent captée à l’étranger.
Le financement et la main-d’œuvre qualifiée constituent les principaux défis. L’usine a nécessité un investissement de près de cinquante millions d’euros, sans que les entrepreneurs ne précisent l’origine des fonds. Malgré ces obstacles, l’entreprise a généré mille emplois directs et indirects, majoritairement pour des habitants de la région. Les postes techniques sont pourvus par des professionnels formés dans les grandes villes, à l’image de Salimata Ouattara, chimiste de trente-cinq ans, qui voit dans cette aventure industrielle une opportunité de transmission des savoirs pour la jeunesse locale.
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