Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

Lecornu réunit l’exécututif face à la double colère agricole

Article

le

Le Premier ministre a convoqué ministres et préfets pour aborder la crise sanitaire dans les élevages et l’épineux dossier commercial avec l’Amérique du Sud, alors que les tensions montent dans les campagnes.

Sébastien Lecornu a présidé, ce mardi à Matignon, une réunion de concertation dédiée aux dossiers agricoles. Cette séquence de travail, qui a associé plusieurs membres du gouvernement et des préfets de régions concernées par visioconférence, intervient dans un contexte particulièrement tendu pour le secteur. L’exécutif est en effet confronté à deux fronts de mécontentement simultanés, l’un sanitaire et l’autre commercial.

D’un côté, une partie de la profession exprime une vive opposition à la stratégie mise en œuvre pour endiguer la propagation d’une maladie contagieuse affectant le bétail. Les mesures d’abattage préventif, décidées dès la détection d’un cas, suscitent la colère de plusieurs syndicats agricoles, qui ont multiplié les actions de protestation ces derniers jours. Les représentants des départements du sud-ouest, les plus touchés par l’épizootie, ont été associés aux échanges.

Parallèlement, le gouvernement doit gérer l’hostilité des agriculteurs français à l’égard du projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Le premier syndicat agricole a appelé à une manifestation à Bruxelles ce jeudi, à la veille d’un sommet européen où les dirigeants sont invités à valider le texte. Paris maintient son opposition ferme à la signature en l’état, jugeant les garanties insuffisantes pour protéger ses producteurs.

La position française, réaffirmée lundi soir par le président de la République auprès des instances européennes, plaide pour un report du vote. Elle se heurte cependant à la détermination de la Commission européenne et de certains États membres, comme l’Allemagne, qui considèrent cet accord comme une priorité économique et géopolitique. Les négociations, qui durent depuis de nombreuses années, arrivent à un moment crucial, avec un calendrier très serré imposé par Bruxelles.

Cette double pression, sanitaire et commerciale, place l’exécutif dans une situation délicate, nécessitant une coordination renforcée entre l’administration centrale et les territoires. La réunion de ce mardi visait à harmoniser les actions et les messages, alors que les tensions risquent de persister dans les prochains jours sur ces deux dossiers sensibles.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus