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Culture

Le Tamil Nadu, royaume d’une tauromachie à mains nues

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_**Dans le sud de l’Inde, une tradition séculaire oppose l’homme au taureau dans une épreuve de force et d’agilité, suscitant autant d’engouement que de controverses.**_

Au cœur de l’État du Tamil Nadu, une pratique ancestrale mobilise chaque année des foules considérables. Le jallikattu, spectacle populaire organisé lors de la fête des récoltes de Pongal, voit des hommes défier des taureaux dans une arène à ciel ouvert. Loin des codes de la corrida ibérique, les participants n’ont pour seuls outils que leurs mains et leur adresse. L’objectif consiste à saisir l’animal par les cornes ou la bosse et à tenter de se maintenir sur son dos le plus longtemps possible, dans un face-à-face physique intense.

Pour des passionnés comme Saravanan, trente et un ans, cette discipline est bien plus qu’un divertissement. Elle représente un héritage culturel auquel il se consacre depuis son adolescence, en délaissant les sports plus conventionnels. L’ouvrier du bâtiment s’entraîne assidûment en vue du grand rassemblement annuel, un événement où la récompense est avant tout symbolique et honorifique. Les risques sont pourtant réels, comme en témoignent les cicatrices qui marquent son corps, souvenirs de confrontations passées.

Cette tradition ne fait pas l’unanimité. Des voix s’élèvent régulièrement pour dénoncer les conditions dans lesquelles se déroulent ces épreuves. Certains défenseurs de la cause animale pointent du doigt des traitements jugés cruels envers les bêtes, alléguant des pratiques visant à les exciter. Les organisateurs et les pratiquants rejettent fermement ces accusations. Ils mettent en avant un cadre réglementaire strict et un profond respect pour l’animal, considéré comme un partenaire dans cette épreuve de courage. Saravanan affirme ainsi n’avoir jamais intentionnellement blessé un taureau, une valeur qu’il partage avec sa future épouse, elle-même adepte de cette coutume.

Entre ferveur populaire et débats éthiques, le jallikattu demeure un pilier identitaire fort dans la région, perpétuant un dialogue physique et culturel entre l’homme et l’animal qui transcende les générations.

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