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Le procès d’une vie brisée

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Le procès du meurtre d’Anaïs, 18 ans, a donné la parole à des proches dévastés, tandis que l’accusé maintenait une attitude détachée face à la gravité des faits.

La cour d’assises du Val-de-Marne a été le théâtre d’un douloureux témoignage jeudi, alors que la mère et la grand-mère d’Anaïs M., jeune femme de 18 ans tuée en mai 2021, ont décrit l’irréparable vide laissé par sa disparition. Face à elles, Lilian M., 23 ans, comparaît pour avoir provoqué la mort de la victime après une rencontre liée à des services tarifés. Les deux femmes, visiblement accablées, ont évoqué une existence bouleversée à jamais.

Carole P., la mère, s’est présentée à la barre pour une brève déclaration. « Cette ordure a anéanti notre vie. La mienne, celle de mes enfants, de tout le monde », a-t-elle lancé à la cour, incapable d’ajouter davantage. Puis Monique P., grand-mère d’Anaïs, a pris la parole depuis son fauteuil roulant pour dépeindre une petite-fille « joyeuse, gentille, aimable », confiant avoir perdu toute joie de vivre. Plusieurs jurés n’ont pu retenir leur émotion.

L’accusé, présent au côté de ses avocats, a pour sa part adopté une posture qui a surpris l’assistance. Interrogé sur sa vision de l’avenir, Lilian M. a répondu avec désinvolture qu’il souhaitait « sortir le plus tôt possible », estimant qu’il lui fallait « se dépêcher » car le temps passe vite. Une réponse jugée en complet décalage avec la solennité des débats, alors que la cour examinait les circonstances de la mort violente d’une jeune femme.

Les faits remontent à la nuit du 10 mai 2021. Anaïs et Lilian M. s’étaient donné rendez-vous au Plessis-Trévise, après une prise de contact via une annonce en ligne. Une fois sur place, dans le parking de l’immeuble où résidaient les grands-parents de l’accusé, une dispute éclate au sujet du paiement. Lilian M., qui reconnaît les violences, affirme avoir frappé puis étranglé la jeune femme, avant de constater son décès sans tenter de lui porter secours, bien qu’il fût formé aux premiers soins.

Au fil des audiences, l’accusé a montré des signes croissants d’impatience, allant jusqu’à lâcher en fin de journée, alors que la présidente reprenait un point procédural, que « ce n’était pas grave » et qu’« il était tard ». Une sortie qui a conduit à la suspension immédiate de l’audience. Selon l’expert psychiatre entendu mercredi, Lilian M. ne présente pas de trouble mental avéré, mais souffrirait d’un « handicap émotionnel » et d’une « agressivité paroxystique ».

Le jury populaire doit désormais se prononcer sur la sanction à appliquer. Le ministère public a requis une lourde peine, pouvant atteindre trente ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu dans le courant de la journée de vendredi.

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