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Le Portugal paralysé par une mobilisation historique

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Le pays connaît sa première grève générale depuis plus d’une décennie. Les syndicats contestent une réforme du travail, plongeant les transports et les services publics dans un ralentissement significatif.

Le Portugal s’est réveillé jeudi dans un calme inhabituel, marqué par des perturbations majeures dans les transports et les services essentiels. Cette journée de grève générale, la première depuis douze ans, a été largement suivie selon les organisations syndicales à l’origine du mouvement. Elles entendent protester contre un projet de réforme du code du travail porté par le gouvernement de coalition de droite.

Dès les premières heures, l’impact s’est fait sentir. Le métro de Lisbonne est resté fermé, tandis que les liaisons ferroviaires et maritimes ne fonctionnaient qu’avec des services minimums, entraînant de nombreuses annulations. Dans les gares, des voyageurs se sont retrouvés dans l’impossibilité de se rendre à leur travail. Les aéroports ont également enregistré une activité réduite, avec l’annulation de plusieurs centaines de vols par la compagnie nationale. L’industrie n’a pas été épargnée, notamment le principal site automobile du pays, appartenant au groupe Volkswagen, qui a cessé son activité.

Le secteur public a été fortement touché. De nombreux établissements scolaires sont restés portes closes en raison d’un taux de participation élevé parmi les enseignants. Les hôpitaux ont fonctionné avec des services réduits, se concentrant sur les soins urgents, et la collecte des déchets a été interrompue dans plusieurs municipalités. Les centrales syndicales CGTP et UGT ont toutes deux fait état d’une adhésion massive à la grève parmi leurs affiliés.

Le gouvernement a pour sa part minimisé la portée du mouvement, le qualifiant de perturbation sectorielle affectant principalement la fonction publique. Le porte-parole de l’exécutif a souligné que la majorité des Portugais s’était rendue à son poste de travail. Cette grève s’inscrit dans un contexte de tensions sociales autour d’un avant-projet de loi présenté en juillet, comprenant plus d’une centaine de mesures.

Ce projet vise, selon le Premier ministre Luis Montenegro, à stimuler la croissance et l’emploi. Il propose notamment d’assouplir les règles encadrant les licenciements et les contrats à durée déterminée, d’accorder plus de flexibilité dans l’organisation du temps de travail aux entreprises et d’étendre la définition des services minimums en cas de conflit social. Pour les syndicats, ces propositions constituent une régression sociale majeure et une attaque contre les droits des salariés.

Le patronat a dénoncé une grève prématurée et une posture radicale des organisations syndicales. Son principal représentant a défendu la réforme, la présentant comme une correction nécessaire à des amendements adoptés en 2023 sous le précédent gouvernement de gauche, jugés déséquilibrés en faveur des employés. Le gouvernement, qui ne dispose pas de majorité absolue au Parlement, pourrait faire adopter son texte avec l’appui des libéraux et de l’extrême droite, devenue la deuxième force politique du pays.

Cette mobilisation intervient alors que le Portugal affiche des indicateurs économiques favorables, avec une croissance modérée et un taux de chômage à un niveau historiquement bas. Le chef du gouvernement estime que cette conjoncture est propice pour engager des réformes structurelles, un argument qui ne convainc pas les salariés descendus dans la rue.

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