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Économie

Le gouvernement tente de désamorcer la crise agricole

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Face à une mobilisation qui persiste dans le Sud-Ouest, le Premier ministre ordonne une accélération de la campagne vaccinale contre la dermatose nodulaire et annonce des consultations syndicales.

Sébastien Lecornu a pris en main le dossier agricole, marqué par une colère qui ne faiblit pas après une semaine de blocages. Le chef du gouvernement a réuni plusieurs membres de son cabinet ainsi que des préfets pour évaluer les moyens de contenir l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse. Il a exigé une accélération de la stratégie vaccinale, demandant qu’elle s’adapte davantage aux réalités départementales et garantisse une disponibilité accrue des doses. Une seconde réunion était prévue en fin de journée.

Le Premier ministre recevra également, dans les prochains jours, les représentants des principaux syndicats agricoles. Ces organisations critiquent vivement la gestion sanitaire, fondée sur l’abattage systématique des troupeaux dès qu’un cas est détecté, et expriment une vive opposition à la signature imminente de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur.

La visite de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, en Occitanie n’a pas apaisé les tensions. Les blocages d’axes routiers et ferroviaires se poursuivaient ce mardi dans plusieurs départements du Sud-Ouest. Sur l’autoroute A64, la circulation restait interrompue sur près de deux cents kilomètres. À Villefranche-de-Lauragais, des agriculteurs obstruaient toujours la ligne ferroviaire Bordeaux-Marseille. Les manifestants estiment que les annonces récentes, notamment l’élargissement de la zone de vaccination, sont insuffisantes et réclament l’abandon pur et simple de l’abattage total.

La colère se nourrit d’un double sentiment d’impuissance, mêlant l’urgence sanitaire à la crainte économique. Pour de nombreux éleveurs, la stratégie d’abattage représente une destruction du patrimoine familial et du travail de plusieurs générations. Cette détresse se conjugue à l’inquiétude provoquée par la perspective de l’accord avec le Mercosur, perçu comme une nouvelle menace pour la souveraineté alimentaire. Des actions de protestation ont d’ailleurs associé les deux thématiques jusqu’en région parisienne.

L’exécutif, qui affiche son opposition à la signature du traité commercial et demande son report, se trouve ainsi confronté à une crise aux multiples facettes. Alors que plus d’une centaine de foyers infectieux ont été recensés sur le territoire, la recherche d’une issue passe par un dialogue renforcé avec la profession et une adaptation des mesures sanitaires sur le terrain.

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