Économie
Le Cap, entre mirage touristique et fracture sociale
_**La multiplication des locations saisonnières dans la métropole sud-africaine exacerbe les difficultés d’accès au logement, repoussant une partie des habitants vers la précarité.**_
Dans un immeuble désaffecté du centre-ville, une cinquantaine de personnes ont trouvé refuge. Parmi elles, Fundisa Loza et ses deux filles. Cette employée d’un centre d’appels nocturne ne parvient plus à assumer les loyers pratiqués dans le quartier où elle travaille. Les studios y sont proposés à des tarifs dépassant son salaire mensuel. À quelques rues de là, dans le District Six très prisé des visiteurs, une nuit sur une plateforme de location de courte durée peut coûter l’équivalent d’une semaine de son revenu. Cette situation illustre les tensions croissantes qui traversent la cité sud-africaine, mondialement célèbre pour son cadre naturel exceptionnel.
La ville, régulièrement classée parmi les destinations les plus attractives au monde, connaît un essor spectaculaire de l’offre de locations touristiques. Selon les données compilées par des observateurs, Le Cap compterait plus de vingt-six mille annonces de ce type, un chiffre qui dépasse celui de métropoles bien plus grandes et fréquentées. Cette concentration est particulièrement forte dans les secteurs centraux et le long du littoral atlantique, où le nombre de biens disponibles a presque triplé en quelques années. Pour les défenseurs du droit au logement, cette conversion massive de logements permanents en hébergements éphémères contribue directement à la flambée des prix et à l’éviction des résidents aux ressources modestes.
Des chercheurs pointent les effets de cette dynamique sur le tissu urbain. Certains quartiers emblématiques, comme Sea Point, auraient perdu plus du quart de leur parc résidentiel au profit du marché touristique. Cette transformation affecte des zones au passé déjà douloureux, telle le District Six, dont la population non blanche avait été expulsée sous l’apartheid. Aujourd’hui, la pression immobilière contraint de nouvelles générations à quitter des secteurs historiquement populaires, où les héritages familiaux sont vendus ou convertis en locations saisonnières.
Les autorités municipales reconnaissent une forte tension sur le marché, qu’elles attribuent principalement à une demande résidentielle en hausse constante, alimentée par un afflux migratoire important en provenance d’autres régions du pays. La question de la régulation du secteur des locations de courte durée fait néanmoins débat. Des voix, issues du milieu universitaire ou associatif, réclament un encadrement plus strict, à l’image de mesures adoptées dans plusieurs grandes villes internationales pour limiter l’activité et préserver le logement de longue durée. En l’absence de cadre spécifique, des opérateurs proposant un nombre important de biens échapperaient aux régulations applicables aux structures hôtelières traditionnelles.
Alors que des procédures d’expulsion sont en cours contre les occupants d’immeubles squattés, des milliers de personnes, comme Fundisa Loza, restent inscrites sur des listes d’attente pour un logement social. Cette réalité met en lumière les contradictions d’une ville qui séduit le monde entier mais peine à offrir un toit à une partie de ses habitants.
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