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Le Bangladesh s’engage dans une campagne électorale historique

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Le pays ouvre jeudi une période de vingt jours de campagne pour des législatives cruciales, les premières depuis la fin du régime de Sheikh Hasina. Le scrutin, prévu le 12 février, s’annonce particulièrement ouvert dans un climat politique encore marqué par les violences passées.

Plus de cent vingt-sept millions de Bangladais sont appelés aux urnes le mois prochain pour renouveler les trois cent cinquante sièges du Parlement. Ce scrutin, qui se tiendra parallèlement à un référendum sur une série de réformes institutionnelles, intervient après une période de fortes tensions ayant conduit au départ de l’ancienne Première ministre. L’interdiction de son parti, la Ligue Awami, laisse le champ libre à une compétition inédite entre ses principaux opposants historiques.

Le Parti nationaliste du Bangladesh et le mouvement islamiste Jaamat-e-Islami apparaissent comme les forces dominantes de cette élection. Le BNP a officiellement lancé sa campagne jeudi à Sylhet, dans le nord-est du pays, sous la direction de Tarique Rahman. Ce dernier, revenu récemment après une longue période passée à l’étranger, a succédé à la tête du parti à sa mère, l’ancienne cheffe de gouvernement Khaleda Zia, décédée en décembre.

De son côté, le Jaamat-e-Islami, désormais autorisé à reprendre ses activités politiques, a entamé sa mobilisation à Dacca. Ce parti, proche des Frères musulmans, avait été banni et persécuté sous l’ère Hasina. Son retour en force, marqué par plusieurs rassemblements de grande ampleur ces derniers mois, en fait un acteur majeur de la campagne. Il conduit une coalition élargie, intégrant notamment le Parti national des citoyens, issu du mouvement étudiant ayant joué un rôle central dans les événements de 2024.

Le référendum organisé le même jour que le vote législatif vise à entériner une charte de réformes adoptée en octobre. Ce texte, fruit de négociations complexes, introduit une limitation à deux mandats pour la fonction de Premier ministre, consolide les prérogatives du président et réaffirme le pluralisme ethnique et religieux du pays. Son objectif affiché est d’instaurer des garde-fois institutionnels pour prévenir tout retour à un exercice autoritaire du pouvoir.

L’issue du scrutin législatif reste incertaine, notamment en raison du comportement électoral des anciens soutiens de la Ligue Awami. Le parti de Sheikh Hasina, dont la victoire aux élections de janvier 2024 avait été vivement contestée, a été dissous. L’ancienne dirigeante, condamnée en novembre pour son rôle présumé dans la répression de manifestations, avait toujours rejeté ces accusations. Les troubles de l’été 2024 avaient provoqué une crise politique majeure et entraîné de lourdes pertes humaines.

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