Culture
L’art sacré chinois face à l’oubli
Dans l’est du pays, les derniers maîtres sculpteurs sur bois perpétuent un savoir-faire ancestral voué à la statuaire religieuse. Leur héritage, confronté à la désaffection des jeunes générations et à un marché désormais atone, risque de s’éteindre avec eux.
Au fond d’un atelier aux lueurs tamisées, un artisan ajuste méticuleusement les contours d’un pied sculpté dans la masse. Autour de lui, des dizaines de figures bouddhiques, encore inachevées, semblent veiller sur son geste. Ce maître-artisan, installé dans le village de Chongshan près de Suzhou, appartient à une lignée familiale dont l’activité a longtemps rythmé la vie locale. Ici, depuis des générations, on a façonné pour les temples de l’ensemble du territoire ces effigies sacrées, polychromes ou rehaussées d’or, qui incarnent autant la dévotion que le savoir-faire.
L’homme a hérité ce métier de son père alors qu’il n’était encore qu’un adolescent, perpétuant une tradition remontant à ses aïeux. Il constate aujourd’hui, non sans amertume, que cette chaîne de transmission est sur le point de se rompre. La perspective de longues années d’apprentissage, nécessaires avant de pouvoir exercer de manière autonome, décourage les vocations. La modicité des revenus possibles dans cette profession achève de détourner les plus jeunes.
L’atelier voisin abrite une artisane septuagénaire, spécialisée dans le modelage des visages. Elle évoque avec fierté la singularité de chaque expression qu’elle donne à ses créations, où se lisent la sérénité ou une forme de gravité. Son parcours témoigne des soubresauts de l’histoire. Elle se souvient avoir dû, à une époque où la pratique religieuse était proscrite, se consacrer à la production d’objets profanes. La réouverture des lieux de culte, intervenue plus tard, avait redonné un souffle à cet artisanat.
Ce renouveau a effectivement engendré, vers la fin du siècle dernier, un afflux de commandes pour le village. Les besoins en statues neuves, portés par un regain d’intérêt pour les traditions spirituelles, ont alors animé les ateliers. Cette dynamique semble aujourd’hui retombée. Le marché, désormais considéré comme pourvu, n’offre plus les mêmes débouchés. La majorité des temples disposeraient déjà de leur patrimoine iconographique, réduisant la demande à de rares travaux de restauration ou de remplacement.
Face à cette réalité économique, le regard porté sur le métier diffère. Là où certains perçoivent encore la dimension artistique et spirituelle de l’œuvre, les artisans eux-mêmes adoptent souvent un point de vue plus prosaïque. Pour eux, il s’agit avant tout de produire un objet répondant à des commandes précises, selon des canons établis. Cette vision pragmatique n’enlève rien à la technicité exigée, mais elle souligne la transformation d’un art en une activité artisanale vulnérable.
Sans successeurs identifiés pour reprendre les outils, ces ateliers semblent condamnés à fermer leurs portes une fois leurs propriétaires partis à la retraite. Avec eux pourrait disparaître un pan entier d’un patrimoine immatériel, celui des gestes et des secrets de fabrication qui ont donné forme, pendant des décennies, à la piété populaire.
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