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Économie

L’Ariège se dresse contre l’abattage sanitaire

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La décision préfectorale d’éliminer un troupeau contaminé par la dermatose nodulaire a provoqué une mobilisation massive d’éleveurs, qui bloquent l’accès à l’exploitation et réclament une approche alternative.

Un bras de fer oppose les autorités sanitaires et la profession agricole dans le département de l’Ariège. À la suite de la confirmation d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse dans un élevage des Bordes-sur-Arize, le préfet a ordonné l’abattage de l’ensemble du cheptel, soit plus de deux cents bêtes. Cette mesure, présentée comme la seule à même d’endiguer la propagation de la maladie, se heurte à une opposition déterminée sur le terrain.

Plusieurs centaines d’agriculteurs, issus de différents syndicats, ont en effet établi des barrages avec leurs engins agricoles et des troncs d’arbres sur les voies d’accès à la ferme. Ils entendent ainsi empêcher physiquement l’intervention des services vétérinaires. Les propriétaires du troupeau refusent catégoriquement la solution de l’élimination totale. Les manifestants demandent aux pouvoirs publics de reconsidérer leur position et d’opter pour un protocole expérimental, déjà proposé par les organisations professionnelles locales.

Ce plan alternatif préconise l’abattage sélectif des seuls animaux infectés, couplé à une surveillance sanitaire renforcée du reste du cheptel pendant plusieurs semaines. Ses partisans plaident également pour une campagne de vaccination massive et la mise en place d’un périmètre de protection réduit. La réglementation en vigueur impose, quant à elle, l’élimination de tous les bovins de l’exploitation touchée et établit une zone réglementée de cinquante kilomètres, avec des restrictions strictes sur les mouvements d’animaux.

La tension est palpable, le préfet ayant fait part de sa détermination à faire appliquer la loi tout en appelant au sens des responsabilités. Aucune force de l’ordre n’était cependant déployée jeudi matin aux abords immédiats de l’exploitation. La situation pourrait connaître un développement similaire dans les Hautes-Pyrénées, où un autre abattage est prévu et où des mobilisations ont déjà commencé.

Ce conflit met en lumière les divergences profondes sur la gestion de cette épizootie. D’un côté, l’administration défend une approche radicale jugée indispensable pour protéger le cheptel national. De l’autre, une frange importante des éleveurs estime que cette stratégie est disproportionnée et destructrice, lui préférant une politique axée sur la vaccination et le contrôle sanitaire. Le ministère de l’Agriculture a indiqué avoir engagé des réflexions sur une vaccination préventive, tandis que des voix au sein de la profession mettent en garde contre les conséquences commerciales d’une telle mesure.

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